Investiture, un repris de justice sous les ors de la République

C’était le grand jour pour Emmanuel Macron, celui de son installation à l’Elysée. Grand maître de l’ordre de la Légion d’honneur, le huitième président de la Ve République s’est rendu dans la salle des fêtes du palais de l’Elysée pour sa première prise de parole en tant que chef d’Etat. Le Président a du charisme, on dirait un Kennedy. Il serre des mains, caresse des joues, celle de Richard Ferrand, celle de François Bayrou, celle de Gérard Collomb. Le maire de Lyon ne peut cacher son émotion. Et le président de la République l’étreint, c’est touchant. Nous sommes entre gens de bonne compagnie, pas de torera en vue. Jean-Paul Delevoye, François Patriat, Renaud Dutreuil, Christophe Castaner, Sylvie Goulard,… bon tout va bien. Et puis, arrive un homme au large poitrail. Le Président lui serre longuement la main. Paul Giacobbi ! Un sulfureux invité, un repris de justice. sans doute invité en qualité de membre du Bureau de l’Assemblée Nationale, mais comment est-ce possible ? On sait que la moralisation de la vie publique a été un thème dominant de la campagne présidentielle, et on se demande comment un tel individu a pu se rapprocher à ce point du pouvoir. Ce doit être une erreur ! Il est surprenant qu’un brillant communiquant comme Emmanuel Macron s’affiche, le jour de son investiture, avec un repris de justice. Il sait où sont les caméras. Quel camouflet pour le Tribunal Correctionnel de Bastia et la juridiction financière de Bastia. A ce moment là, le Procureur de la République Nicolas Bessone doit se sentir bien seul devant son poste de télévision. Après des années d’enquêtes, le 25 janvier dernier, le procureur de la République avait enfin réussi à faire condamner Paul Giacobbi, député (DVG) de la Haute-Corse, par le tribunal correctionnel de Bastia à trois ans de prison ferme, cinq ans d’inéligibilité pour « détournements de fonds publics » et une amende de 100 000 euros. C’est compter sans la malice de Paul Giacobbi. En politique – comme dans d’autres domaines -, l’essentiel est dans le rythme, la cadence, l’agenda, l’opportunité. Dix jours avant sa condamnation, Paul Giacobbi s’était fendu d’un communiqué, dans lequel il expliquait pourquoi il avait décidé d’apporter son parrainage à Emmanuel Macron pour la prochaine élection présidentielle. Rusé le bougre ! Mais qui a prétendu que Paul Giacobbi n’était pas intelligent, qu’il n’avait pas les bons réseaux, ni les bonnes informations ? La salle des pas perdus n’est pas perdue pour tout le monde. Maire de Venaco depuis 1982, conseiller territorial, président du Conseil général de Haute-Corse, président de la Collectivité Territoriale de Corse jusqu’en 2015, député à l’Assemblée Nationale depuis 2002, et Ministre de Nicolas Sarkozy pendant 3 heures (oh la boulette). Il fut l’homme de la politique insulaire, marionnettiste, pourvoyeurs d’emplois et autres avantages, chantre et leader à la fois. D’accord, il est doué et il a des amis. Un peu vaniteux mais doué. Il le dit lui même : « Est-ce vraiment si extraordinaire que le président de la République discute avec des élus, même s’ils ne sont pas de son camp ? J’ai une compétence sur la crise qui est supérieure à celle de 99 % des députés. Quand je vois Sarkozy, on parle surtout de ça. Je suis crédible. » Que de modestie ! Certes, il est crédible tant que l’on ne parle pas de moralisation de la vie publique. Et dans le contexte actuel, heu, comment dire ? On ne parle que de ça, depuis des semaines. L’affaire Pénélope Fillon et les soupçons d’emplois fictifs du Front National au Parlement européen ont été au coeur de la campagne présidentielle. Le candidat Macron a promis dans son programme (p.14) « une grande loi de moralisation de la vie publique ». Le porte-parole de « La République en Marche », Benjamin Griveaux, a été très explicite : « la première décision politique prise par Emmanuel Macron quand il posera sa valise à l’Élysée c’est d’avoir avant le premier tour des législatives un projet de loi » sur la moralisation de la vie publique ». Dont acte, nous avons bien compris le message.

Justice !

maga-ettori-campagne-contre-la-corruptionLa période de règne de Paul Giacobbi en Corse a été, pour nous, synonyme de coups de gueules et coups de sang (voire coups de poings). Ce règne de l’injustice s’échoue misérablement aujourd’hui avec la condamnation du député de la Haute-Corse Paul Giacobbi condamné à trois ans de prison ferme pour détournement de fonds publics, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité par le tribunal correctionnel de Bastia dans l’affaire dite des gîtes ruraux de Haute-Corse. Pour Nicolas Bessone, procureur de la République de Bastia, ce détournement a été réalisé « dans des proportions jamais atteintes » en Corse. Monsieur le procureur a le sens de l’humour. L’affaire des gîtes ruraux n’est qu’un épiphénomène, la réalité est plus vaste, et plus globale. Telle un cancer, année après année la pieuvre a mis la main sur l’économie dans sa globalité, mêlant affaires louches et affaires saines. Ses tentacules ont saisi tout ce qu’elles pouvaient saisir. Avec la bienveillance des pouvoirs publics ? J’en veux pour preuve l’investigation que nous avons menée dans le secteur de l’audiovisuel et du cinéma, corrompu par un système clientéliste, détournant à tour de bras les subventions au profit de quelques amis « producteurs ». Ce système là nous l’avons dénoncé, dans les médias, auprès de la répression des fraudes, dans les réseaux sociaux et dans l’hémicycle de la Collectivité de Corse. A l’époque je représentais un groupement de professionnels, et j’avais été élu en qualité de Conseiller Cinéma au grand dam de l’équipe Giaccobi. LE vote du budget a rapidement donné lieu à des échanges tendus et j’ai eu une vive altercation avec Thierry Gamba-Martini l’ex-directeur général des services au conseil général. Mon refus de signer le budget avait provoqué son courroux. Quand je lui ai expliqué que je ne pouvais pas valider un budget douteux, réalisé par des personnes à la moralité douteuse, récemment mises en examen, sa seule réponse fut de me dire que ce n’était pas parce que quelqu’un était mis en examen qu’il était forcement coupable, et condamné. Allons monsieur Thierry Gamba-Martini, arrêtons de prendre les gens pour des idiots. Vous étiez tellement certain de votre impunité et de la réélection de Paul Giacobbi à la tête de la Collectivité de Corse, que vous avez omis de retirer certaines preuves accablantes de votre bureau. Il aura fallu du temps, mais vous voilà, monsieur Thierry Gamba-Martini, condamné à deux ans de prison avec sursis et à 10 000 euros d’amende. Une bien mince condamnation de mon point de vue. Le procureur vous a reproché « un grand détournement par négligence », laissez-moi rire, ce n’était pas de la négligence mais de l’orgueil, défaut que vous partagez avec votre patron. Ainsi, selon la justice, Paul Giacobbi aurait été le principal bénéficiaire d’un système clientéliste au préjudice du département de la Haute-Corse, qu’il a présidé de 1998 à 2010. Près d’un demi-million d’euros de subventions attribuées entre 2007 et 2010 pour construire ou rénover des gîtes ruraux a été détourné au profit personnel d’une quinzaine de personnes, mises en examen avec des élus et des hauts fonctionnaires. Paul Giacobbi était-il responsable de ces détournements ? LA justice le pense. Mais ce qu’elle ne dit pas c’est qu’en réalité Paul Giacobbi n’était que la victime triomphante d’un système qui a profité à d’autres, un système installé par son clan il y a fort longtemps, et qu’il a exploité le temps de son règne, quand les urnes étaient « africaines ». « C’est un assassinat politique ! » s’est indigné Jean-Louis Seatelli, l’avocat de Paul  Giacobbi. Bien entendu. Un assassinat politique, mais rien de très grave en comparaison du préjudice pour l’ensemble de la population corse. La justice a mis du temps, trop de temps, certaines pertes sont irrémédiables mais nous devons à présent nous réjouir, et ne plus regarder dans le rétro. Aujourd’hui la justice est passée, il nous reste à nous reconstruire collectivement. Nous avons, je suis certain, la possibilité de bâtir un avenir serein avec cette jeune génération d’élus insulaires de qualité. Ne manquons pas le coche dans quelques mois.

Les condamnations :

– Paul Giacobbi : 3 ans de prison ferme, 5 ans d’inéligibilité, 100.000€ d’amende

– Thierry Gamba-Martini : 2 ans de prison avec sursis, 10.000€ d’amende

– Jean Hyacinthe Vinciguerra : 2 ans de prison dont 1 an avec sursis, 5 ans d’interdiction d’exercer une – fonction publique, 8.000 d’amende;

– Jean-Marc Domarchi : 3 ans de prison avec sursis, 10.000€ d’amende

– Vannina Perrot, épouse Domarchi : 3 ans de prison avec sursis, 10.000€ d’amende

– Faustine Maestracci, épouse Arrighi : 3 ans de prison avec sursis,10.000€ d’amende

– Pierre Paul Arrighi : 3 ans de prison avec sursis,10.000€ d’amende

– Ange Noël Andreani : 3 ans de prison avec sursis, 10.000€ d’amende

– Philippe Gabrielli : 2 ans de prison avec sursis, 8.000€ d’amende

– Marie-Antoinette Rinieri : 2 ans de prison avec sursis, 8.000€ d’amende

– Laurence Rinieri : 2 ans de prison avec sursis, 8.000€ d’amende

– Marie-Laure Le Mee : 1 an de prison avec sursis

– Philippe Calendini : 18 mois de prison avec sursis, 5.000€ d’amende

– Josette Simoni, épouse Verdi : 8 mois de prison avec sursis, 2.500€ d’amende

– Pierre Orsini : 8 mois de prison avec sursis, 2.500€ d’amende

– Dominique Jean Franceschi : 8 mois de prison avec sursis, 2.500€ d’amende

– Toussaint Pernici : 8 mois de prison avec sursis, 800€ d’amende

– Francine Ferrandi : 8 mois de prison avec sursis, 2.500€ d’amende

– Jean-Philippe Martinetti : 6 mois de prison avec sursis, 2.000€ d’amende

– Anne Marie Albertini : 6 mois de prison avec sursis

– Angèle Poletti, épouse Vannucci : 6 mois de prison avec sursis

– Catherine Muzard, épouse Rossi : 4 mois de prison avec sursis

– Pierre-Marie Mancini : 3 ans de prison dont 2 ans avec sursis, 5 ans d’inéligibilité

Joseph Castelli, une mise en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption électrique

constructionJoseph Castelli, le sénateur de Haute-Corse inscrit au groupe RDSE (à majorité PRG), a dans un premier temps été mis en garde à vue au commissariat de Bastia où il est entendu par les enquêteurs du groupe financier de la police judiciaire concernant les conditions d’acquisition et de travaux réalisés dans sa villa de Folelli, puis mis en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption. Le proche successeur de Paul Giacobbi, à la tête du Conseil Général de Haute-Corse avait vu son immunité parlementaire levée fin octobre par le bureau du Sénat (https://magaettori.wordpress.com/2015/10/29/leve-de-limmunite-parlementaire-du-senateur-de-haute-corse-le-systeme-giacobbi-seffondre/). Il est auditionné sur commission rogatoire d’un juge d’instruction du pôle économique et financier de Bastia. Les investigations portent – notamment – sur des soupçons de recel d’abus de biens sociaux au sujet d’une villa construite à Folelli. Une personne, faisant partie de l’environnement familial de Joseph Castelli, est également en garde à vue. En électricité  le fusible (abrégé de coupe-circuit à fusible) est un organe de sécurité dont le rôle est d’ouvrir un circuit électrique lorsque le courant électrique dans celui-ci atteint une valeur d’intensité donnée pendant un certain temps. Son nom vient du fait qu’il fonctionne par fusion d’un filament conducteur, sous l’effet de l’élévation de température provoquée par la surintensité. Un fusible a pour fonction la protection d’un circuit d’alimentation vis-à-vis de court-circuits ou de surintensités générées par une défaillance de la charge alimentée. Cette protection permet dans le cas général de garantir l’intégrité et la possibilité de remise en service du circuit d’alimentation, une fois le défaut éliminé, d’éviter les conséquences potentiellement catastrophiques qu’engendrerait une surintensité durable ou un court-circuit. Pour avoir une bonne visibilité de la politique en Corse il suffit de remplacer par des noms les termes :  »fusible, circuit électrique, surintensité, défaillance de la charge alimentée » mais surtout de déterminer qui est le circuit d’alimentation ? Mais revenons à Joseph Castelli qui a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire contre une caution de 200.000 € (le prix de l’expo Reza Deghati). Joseph Castelli a été mis en examen mercredi pour recel d’abus de biens sociaux et corruption, sur commission rogatoire du juge Thomas Meindl, du pôle économique et financier de Bastia. L’épouse de Joseph Castelli ainsi que trois entrepreneurs de la région seront également présentés au juge dans cette même affaire. Un climat décidément bien électrique dans le clan Giacobbi.

Territoriales 2015 en Corse

France 3 Corse ViaStella a organisé deux débats entre les candidats aux élections territoriales. Après tirage au sort, Hyacinthe Santoni, Jean-Guy Talamoni, Paul Giacobbi, Camille de Rocca Serra, Gilles Simeoni et Dominique Bucchini ont été les six invités du premier rendez-vous, et Jean-Charles Orsucci (Divers gauche, La Corse à coeur), Emmanuelle de Gentili (Parti socialiste, La Corse qui ose), Paul-Félix Benedetti (Nationaliste, Rinnovu), José Rossi (Les Républicains/UDI), Christophe Canioni (Front National) et Jean Zuccarelli (Parti radical de gauche, La Garantie Républicaine) les six invités du second débat.
Les débats sur deux jours pourraient se résumer à un combat de boxe entre un puncheur arrogant (Paul Giacobbi) et un styliste prudent (Gilles Simeoni), sous le regard malicieux de Dominique Bucchini. Il est toujours très intéressant d’entendre Paul Giacobbi que certains surnomment Janus promettre monts et merveilles sur le plan économique, en gros tout ce qu’il n’a pas fait pendant 5 ans, sauf pour les emplois publiques (voir rapport de la chambre des comptes). Tant d’orgueil dans une seule personne relève d’un miracle de la nature : lui est  »un pro et les autres sont des amateurs » (sic), il est le PADDUC, il est à lui tout seul le sauveur de l’université (2 fois). C’est bien connu quand Paul Giacobbi marche sur un trottoir, même le trottoir change de trottoir. Rappelons le dossier des gîtes ruraux, où il est soupçonné d’avoir fait profiter à des proches et des élus de près de 400.000 € de subventions, sa gestion très particulière à la tête du Conseil Général de Haute-Corse jusqu’en 2010 avec l’affaire des marchés truqués de préservatifs (2 millions d’Euros), des soupçons de détournements de fonds publics pour une association d’aide aux jeunes errants, celle des gîtes ruraux, des deux assassinats (son proche conseiller Dominique Domarchi et celui de Jean Leccia, directeur général des services du conseil général de la Haute-Corse). Il n’y a pas de raisons de pavoiser. Et pourtant, il sait que sa liste est en mesure de pomper toutes les voix de gauche, y compris chez ses anciens partenaires.
En face Gilles Simeoni fut exemplaire de rigueur et de précision. Ses analyses des transports (aériens, terrestres et maritimes) furent très pertinentes. Un petit rappel des lois douanières ne fait jamais de mal. Et en prime, quelques propositions concrètes dans le sens de l’intérêt général. Un débat sans faute. A noter une phrase de Gilles Simeoni :  »des fortunes se sont fondées de manière anormale sur l’appauvrissement général ». Le match s’est poursuivi jusqu’à la fin avec Paul Giacobbi, où Gilles Simeoni relevait que la centrale de Luciana avait coûté 330 millions d’euros, mais avait rapporté seulement 30 millions d’euros  aux entreprises insulaires. Bravo à Gilles Simeoni pour le clin d’oeil à l’humanisme et à l’universalité.
L’appel de Dominique Bucchini au contre-pouvoir, était très lucide. Pour le reste le président actuel de l’Assemblée de Corse est resté dans son rôle de pacitori, un grand classique qui ne devrait pas lui rapporter (sauf à fusionner avec Giacobbi). Hyacinthe Santoni s’est écouté parler, malheureusement il n’est plus un tribun depuis longtemps. Seul élément à son actif, il n’a jamais été aux affaires en Corse et n’est donc pas responsable du marasme économique actuel. Camille de Rocca Sera et José Rossi devrait récupérer à eux deux l’essentiel des voix de droite, pourquoi faire deux listes ? Pour déterminer qui est le boss ? Il y a des primaires pour ça.
Sur le second débat nous dirons que Jean Zucarelli n’a pas été au niveau, pas à l’aise, et peu concret.  »Moi je, moi je » il faut arrêter le nombrilisme quand on représente une famille politique.
Christophe Canioni fait un peu tâche, ponctuant son discours de Heu Heu et de phrases inaudibles. Diriger une liste FN , bon voilà quoi… mais en plus le faire mal, c’est dommage. Il semblait perdu dans le débat. Une méconnaissance totale des dossiers, pas de vision politique affichée, un discours plat. Christophe Canioni débarque en tête de liste et ça se voit. Ce qui est effrayant, c’est qu’il soit crédité de 11%. Espérons qu’il s’agisse d’une erreur de virgule. Le retour à la CTC d’un élu FN n’est pas impossible, et ce serait sans doute le moins compétent de tous. Dans les scénarios catastrophe, imaginons qu’une liste lui propose la présidence de l’Assemblée pour récupérer ses 11% ! Impossible ? A suivre…
Il aurait été intéressant que Paul-Felix Benedetti et José Rossi débattent avec ceux de la veille, dommage. Avec ces deux techniciens nous sommes dans le très lourd. José Rossi a sans doute d’autres carte à jouer que l’anti-indépendantisme, sur ce terrain éculé Santoni et Zucarelli ont pris des positions qui vont leur coûter cher. Jean-Charles Orsucci et Emmanuelle de Gentili furent également excellents, précis, pertinent mais un peu trop complice : il fallait faire une seule liste car ils risquent de rester sur le carreau tous les deux. Quoi qu’il en soit, ils ont défendu habilement leur projet politique. Quand la compétence est là, il s’agit juste de sensibilité politique et chacun fera ses choix à l’urne. Et les écolos dans tout ça ?

2 milliards d’euros en 15 ans, la Corse ne veut plus du système Giacobbi

ctc carburant (Magà Ettori - Blog)Les électeurs voteront, dimanche prochain, pour l’un des 12 candidats aux élections territoriales. Même si cela semblait impossible il y a quelques mois, il semblerait que les corses montrent la porte de sortie à Paul Giacobbi du député (PRG) et président du conseil exécutif de Corse. Entre le premier et le deuxième sondage Opinion Way pour France Bleu RCFM et France 3 Corse ViaStella, annonce que Gilles Simeoni, chef de file de la liste nationaliste Femu a Corsica, sort en tête de ce second sondage (19% des voix). Le maire de Bastia gagne 1% des intentions de votes dans les sondages en un mois.  José Rossi, le candidat Les Républicains enregistre la plus forte hausse (+2%) entre le premier et le second sondage et se retrouve à égalité des intentions de votes (14%) avec Camille de Rocca Serra, tête de liste de Rassembler pour la Corse, qui perd 2% d’intention de votes. La liste la testostéronée de Paul Giacobbi pédale dans le brocciu avec seulement (13%) d’intention de votes. Simplement improbable. Il faut dire que l’offensive judiciaire sur les dérives politico-financières lancée en Corse a conduit non seulement à la mise en examen, le 21 juillet dernier de  Paul Giacobbi, pour  »complicité de détournements de fonds publics », dans l’affaire dite des  »gîtes ruraux » tombe au plus mauvais moment, mais personnellement je ne pense pas que ce soit ça qui puisse nuire à la réélection de Paul Giacobbi. Non. Le malaise est ailleurs, du côté de la poche. Les revenus des corses sont parmi les plus faibles de France. Un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et surtout les disparités de revenus entre les ménages les plus pauvres et les plus aisés sont colossaux. Pas sérieux dans une ile où tout se voit, où tout se sait.

Mais au fait le système Giacobbi c’est quoi ?

Pour en avoir une idée, il suffit de voir comment se gère le  »Paul Emploi » à la Collectivité Territoriale de Corse (CTC). Comment ça se techje diraient certains de nos amis. Le personnel de la CTC, ce sont quelque 1227 agents titulaires de la Région qui bénéficient d’avantages incomparables. Et oui, tout s’achète ! Selon un rapport détaillé de la chambre régionale des comptes rendu public en juillet dernier, non seulement leurs effectifs ont bondi de 311 agents en cinq ans, soit une hausse de 34 %, alors que les magistrats avaient déjà pointé du doigt cette dérive dans leur rapport précédent. Mais leurs rémunérations ont progressé, à partir de 2010, à un rythme de 4 à 6 % par an. Par ailleurs, le coût des heures supplémentaires a augmenté de 76 % entre 2010 et 2013. Enfin, les dépenses sociales pour les agents (Ticket-Restaurant, mutuelles, activités culturelles et sportives) ont été multipliées par trois en quatre ans, passant de 700.000 euros en 2010 à 2 millions en 2013. Quand on vous dit qu’il y a des manghjoni à la CTC ! anticorruption - giacobbi (Magà Ettori - Blog)Le Résultat est une flambée des dépenses totales pour le personnel de 46 % entre 2008 et 2013 !  Les fonctionnaires régionaux ne sont pas le système Giacobbi, mais ils en profitent chaque année. Par exemple ils bénéficient  de près de 10 semaines de congé (soit 25 jours de congés payés, 14 jours de RTT, 4 jours acquis en 1991, et 5 jours mobiles accordés par le Giacobbi) ce qui constitue sans doute un record parmi les Régions françaises.  Paul Giacobbi essaie de s e justifier  »Nous avons essayé d’installer une pointeuse. Ce n’est pas facile. Nous avons été stoppés par les syndicats ». Ils sont sans doute cru qu’il s’agissait d’une sulfateuse, avec tous ces problèmes de sécurité. Il faut dire que question diction, le Président de l’Exécutif a encore des progrès à faire.  Paul Giacobbi ferme aussi les yeux sur les agents qui ajoutent d’autres jours d’absence pour des motifs de santé ou familiaux. Le système Giacobbi est généreux : 3 jours pour le mariage d’un enfant ou un déménagement. La chambre régionale des comptes rappelle qu’elle avait déjà dénoncé «l’absence de système de contrôle effectif de la présence et du temps de travail» des agents de la CTC. Malgré les engagements de la CTC de mettre en place dès 2008 un suivi plus minutieux, rien n’a été fait.corsica paul tournage «Le présent examen de la gestion a permis de constater qu’aucun moyen de contrôle n’a été mis en place», notent les magistrats financiers. Le laxisme semble également de mise concernant l’absentéisme pour raisons de santé. Selon la chambre régionale des comptes, il est en pleine expansion, ce qui traduit «un déficit réel de gouvernance» de la CTC. Autre dérive pointée du doigt par les magistrats: le paiement des jours d’astreinte technique à certains agents, qui a augmenté de 77 % sans raisons apparentes. La chambre régionale des comptes a relevé des cas édifiants, comme celui de ce technicien dont les paiements liés à ces journées sont curieusement passés de 298 euros en 2011 à 4035 euros en 2013. Soumis aux critiques sur certaines défaillances de son contrôle, Paul Giacobbi a promis de mieux surveiller ces dépenses. Selon lui, elles auraient diminué en 2014, après un pic exceptionnel en 2013 dû au départ du Tour de France en Corse !  D’autres dérives étonnantes concernent les voitures. Tout d’abord, la CTC met 50 véhicules de service à disposition de certains agents, dont 34 sont attribués à titre personnel. Ce sont autant de discrets avantages en nature. Ensuite, la Région a attribué 237 cartes de paiement d’essence pour 264 voitures de son personnel. Certains semblent en profiter largement. Comme ce conducteur d’une Audi Q3 Crossover, qui a fait successivement le plein, le 1er janvier 2013 à 15h45 à Nice, et à 18h34 à Lucciana en Haute-Corse, pour des carburants différents, sans plomb et diesel. La carte de paiement a donc servi pour deux véhicules au lieu d’un ! Et cet agent n’est visiblement pas le seul dans ce cas. Il est vrai qu’il ne pouvait pas prendre le train [oups pardon] ne parlons pas de Chemin de Fer en Corse, c’est un sujet qui fâche. La faillite de la filière audiovisuelle-cinéma dans l’île ? Chuuuteeuuu ! De la formation audiovisuelle-cinéma avec la très chère voisine ? Rien sur l’Université, on va vraiment se fâcher ! Pas d’avantage des employés de la CTC ? Non, ça fait trop de familles ! Mais alors de quoi pouvons nous parler ? De l’utilisation des 2 milliards d’euros donnés à la Corse sur 15 ans pour rattraper les retards structurels ? Nunda ! Zittu è Mutu ! Lasciatemi core o ziteddi,… prima a stacca !

Homophobie, une nouvelle religion

caroline Fourest« Si je pouvais tuer une personne (sans être sanctionné), ce serait Caroline Fourest. Cette femme est méprisable. » écrivait sur son compte twitter un jeune membre du FN. Il n’est pas le seul à avoir des rêves de mise à mort. Hier quand des militants contre le mariage gay ont pris pour cible la journaliste Caroline Fourest, alors qu’elle participait à un débat à Nantes avec l’écrivain Tahar Ben Jelloun et le député Jean Glavany sur le thème  »Vers un islam moderne ? ».

Les militants contre le mariage gay se sont infiltrés dans l’amphi de la Cité des Congrès, et se sont levés dès la première prise de parole de la militante féministe, connue pour ses positions en faveur du mariage pour tous. Ils ont été expulsés de la salle manu militari. Les manifestants se sont ensuite rendus à la gare, où Caroline Fourest devait reprendre le train pour Paris. Là des affrontements avec les forces de l’ordre on eu lieu, bloquant pendant quarante minutes le train en partance pour Paris, un prêtre en soutane à leur tête.

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Mais que venait faire Torquemada dans cette galère ? Désolé de faire le parallèle mais la dernière fois qu’un homme d’église a fait parler de lui dans la presse c’était pour des affaires de pédophilie, il s’agissait du cardinal de Los Angeles Roger Mahony dont l’archevêché a versé en guise de règlement à l’amiable un montant de 660 millions de dollars pour indemniser quelque 500 enfants victimes d’abus sexuels. Le cardinal Mahony qui était alors archevêque, avait entre autre laissé un prêtre, le révérend Michael Baker, poursuivre ses activités alors même qu’il avait avoué en 1986 avoir abusé de mineurs et condamné à dix ans de réclusion.

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En février dernier, la justice américaine a eu accès à de nouveaux documents internes à l’Eglise catholique, qui montrait une gestion scandaleuse de la part de plusieurs responsables catholiques face à des affaires d’abus sexuels impliquant une centaine de religieux. Les scandales de pédophilie aux Etats-Unis ont provoqué une crise sans précédent dans l’Eglise et contraint plusieurs diocèses à la faillite, après le paiement d’indemnités versées à des milliers de victimes.

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Contraint par la révélation de scandales en Irlande et en Allemagne, déjà Benoît XVI s’était efforcé de changer les règles et les mentalités face à ces affaires, mais il s’est heurté à des résistances de la part de certains responsables, soucieux de protéger l’image de l’Eglise, et notamment le doyen des cardinaux, Angelo Sodano. Le Vatican a indiqué début février recevoir encore quelque 600 plaintes par an, pour des faits remontant principalement aux années 60, 70 et 80, à travers le monde. Deux-tiers des 112 conférences épiscopales auraient désormais mis en œuvre des procédures spécifiques pour lutter contre les abus sexuels.