Ciao Tony Soprano

James Gandolfini (Magà Ettori - Blog)

Je me suis mis très tard aux série TV, et la première que j’ai vu c’était Soprano. James Gandolfini alias Tony Soprano pendant six saisons, est décédé hier d’une crise cardiaque à Rome. Ciao, ciao padrino !

Le parcours de James Gandolfini

Cette série saluée comme le meilleur programme de l’histoire de la télévision, a eu pour effet de mettre en lumière tout le talent de James Gandolfini. Né en 1961 dans le New Jersey au sein d’une famille italo-américaine, James Gandolfini commence à jouer dans des pièces de théâtre dès le lycée. A l’université, tout en étudiant la communication, il travaille comme videur dans un pub de la fac et comme barman. En 1993, on le remarque, dans la peau du tueur mafieux Virgil dans  »True Romance » de Tony Scott sur un script de Quentin Tarantino. Il collabore de nouveau avec Tony Scott dans  »USS Alabama » (1996) où il tient le rôle d’un officier de sous-marin dissertant sur les meilleurs films du genre. Il enchaîne les rôles  »Get Shorty »,  »She’s So Lovely »,  »8 mm », généralement de tueur italo-américain costaud. C’est en 1999 qu’il est engagé pour tenir le rôle principal de la série Les Soprano grâce à son rôle dans  »True Romance », celui de Tony Soprano, boss mafieux implanté dans le New Jersey. Du sur mesure. Après une crise d’angoisse, Tony va suivre une psychothérapie qui va changer sa vie.

Réaliste, drôle, vivante, sorte de pendant des  »Affranchis » (avec un caméo de Martin Scorsese et tous les acteurs des Affranchis), la série connut un succès mondiale, une audience incroyable et un retentissement critique peu commun. James Gandolfini remporta avec ce rôle un Golden Globe, un Emmy Award et trois Grammy Awards à James Gandolfini. La série s’arrêta en 2007 à sa sixième saison. Depuis, on l’a vu au cinéma dans  »L’Attaque du métro 123 » (2009),  »In The Loop » (2009),  »Max et les Maximonstres » (2009),   »Welcome to the Rileys » (2010)…

Tony Soprano (Magà Ettori - blog)Il a produit deux documentaires :  »Alive Day Memories : Home from Iraq » (2007) sur les vétérans d’Irak, et  »Wartorn » : 1861-2010 (2010) qui analyse le traumatisme des soldats américains de retour de guerre, depuis la Guerre de Sécession. Il y a un an on l’a remarqué au Festival de Cannes dans le rôle de Cogan pour  »Killing them softly » avec Brad Pitt, puis en boss de la CIA dans  »Zero Dark Thirty ». Dans l’un de ses derniers films,  »Not Fade Away », premier long-métrage de David Chase (décembre 2012, inédit en France), il jouait le père du héros, un jeune homme rêvant de rock dans le New Jersey des années 60. Le Boss, Tony Soprano a réussit à décrocher sa place de Capo del Capi, méchant des méchants, chef des affreux, dans le très convoité Panthéon du 7eme art, et à rendre immortel le fabuleux James Gandolfini.

Corse, les mafieux sont dans la place

INTERSYNDICALE CINEMA CORSELes membres de l’Intersyndicale du Cinéma Corse furieux viennent d’apprendre que Le Pôle Concurrence, Consommation, et Répression des Fraudes de la DIRECCTE de Corse était dans l’incapacité de poursuivre la Collectivité Territoriale de Corse dans le cadre de pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la production audiovisuelle en Corse. La DIRECCTE précisant dans un courrier :  »En effet, si les personnes publiques font partie des personnes concernées par la prohibition des ententes, puisque selon l’article L.420-1 du Code de commerce, les règles définies par la loi « s’appliquent à toutes les activités de production, de distribution et de service, y compris celles qui sont le fait de personnes publiques (…) », encore faut-il que ces personnes publiques se livrent à ces activités « de production, de distribution et de service » pour que de tels actes, détachables de leur mission, ressortissent à l’Autorité de la concurrence et au juge judiciaire. Or, il a été jugé à plusieurs reprises que l’attribution d’aides ou de subventions par une personne publique ne sont pas des actes de production, de distribution ou de service au sens du droit de la concurrence. »

MAGA ETTORI - CONTRE LA CENSURE

Aujourd’hui, un élu a été tué de plusieurs balles alors qu’il roulait en voiture entre l’aéroport Napoléon-Bonaparte et Ajaccio. Maire depuis 1977 du village de Letia et récemment réélu à la présidence du Parc naturel régional de Corse (PNRC), Jean-Luc Chiappini est le troisième notable tué à Ajaccio en à peine plus de six mois, après l’assassinat de l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats Antoine Sollacaro, le 16 octobre, et celui du président de la chambre de commerce et d’industrie de Corse-du-Sud Jacques Nacer, le 15 novembre. Après l’assassinat du Président de la Chambre de Commerce de Corse du Sud, le Ministre de l’Intérieur et la Garde des Sceaux s’étaient nuitamment précipités en Corse. Sans doute que l’énorme retentissement médiatique en France nécessitait à lui seul le voyage. Christiane Taubira, la garde des sceaux s’était montrée très ferme : « La Corse (…) ce n’est pas un territoire à part où l’on accepterait les meurtres et la violence ». Certaines pratiques, et certains scores aux élections sont révélateurs de l’effondrement de la démocratie dans l’île. La violence n’est que le corolaire de la crise politique et morale que subit la Corse depuis des décennies. Manuel Valls dans un coutumier exercice de communication a naturellement fustigé l’omerta corse au micro d’Europe 1 :  »Je demande à tout le monde, aux élus, aux responsables économiques, aux Corses en général, de se mobiliser ! Nous sommes obligés d’agir avec les moyens de loi mais en même temps en se mobilisant. Ca veut dire parlez, arrêtez de vous taire ! »  Il plaisante ? Ces trois dernières années, tous les professionnels liés à l’Intersyndicale du Cinéma Corse n’ont cessé de dénoncer la corruption dans la filière audiovisuelle cinéma. Afin d’alerter l’opinion publique, j’ai démissionné de ma fonction de Conseiller audiovisuel cinéma auprès Conseil Economique Social et Culturel Corse. Pour moi comme pour les autres professionnels les sanctions ont été lourdes. Nous avons dénoncé un système mafieux et corrompu et avons payé très cher notre fronde. Les pressions ont été innombrables contre les membres de l’Intersyndicale qui ont réagit par diverses actions en justice et autres. Les exemples ubuesques ne manquent pas : une plainte a été déposée au commissariat de Bastia. Plusieurs mois plus tard les services de police ont fait savoir que la plainte était recevable, mais que le temps qu’elle arrive au commissariat d’Ajaccio le fait était prescrit. Une nouvelle plainte a été déposée en mars 2012, au commissariat d’Ajaccio (toujours pas de suites à ce jour). Monsieur Patrick Strzoda, Préfet de Corse a été saisi à son tour sans résultats. Lors de la venue dans l’île de François Hollande, alors candidat à la Présidentielle, un dossier lui a été remis par un membre de L’Intersyndicale du Cinéma Corse, sans résultats. Les dirigeants de l’Intersyndicale du Cinéma Corse ont rencontré les principaux élus insulaires, y compris le Président de l’Assemblée de Corse, sans résultats. Ces élus ont unanimement désigné le président de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse comme seul et unique interlocuteur. La réponse de la DIRECCTE prouve bien le désengagement ou l’impuissance de l’Etat dans ce dossier. Le marché en question ? 20 millions d’euros en 10 ans alors que la filière est en ruine et le cinéma corse est inexistant. Dans un Etat de droit, qu’un ministre de l’Intérieur demander l’aide de la population pour retrouver des tueurs dans une île qui compte un gendarme ou policier pour 100 habitants – record de France – en dit long sur l’impuissance des autorités à endiguer la dérive criminelle en Corse. Par voie de conséquence, et pour ne pas exposer davantage nos membres nous avons décider de dissoudre notre organisme professionnel.  La Corse est en coupe réglée, dans tous les secteurs. Nous n’y croyons plus. Oui, nous, corses, professionnels, citoyens, avons lutté contre l’affairisme et les pratiques amorales et mafieuses. On nous censure, nous estimons être allés au bout de notre mission.