Mafia corse, l’amour vache

scene_cheval-le-parrain

A quelques jours de son procès en appel de l’affaire des gîtes ruraux Paul Giacobbi, ex président du Conseil Départemental de la Haute-Corse, président du Conseil Exécutif, et homme fort de la politique en Corse a retrouvé une vache noyée au fond de sa piscine. On ne peut que penser à une réplique du parrain « C’est un message sicilien : Luca Brasi dort chez les poissons », ou alors le passage où Woltz découvre avec horreur la tête ensanglantée de son cheval de course, Khartoum dans son lit. Mais il n’y a aucun lien entre le film et la vache de Giacobbi, c’est certain, ce n’est pas ce que je dis. Il ne faut pas préjuger de la raison pour laquelle cette pauvre vache s’est retrouvée noyée au fond d’une piscine. Sinon c’est la théorie du complot ça monsieur. Les vaches corses sont très particulières et ne correspondent à aucun stéréotype des vaches classiques. Celle-ci voulait sans doute prendre un bain, le hic c’est qu’elle n’avait plus son bikini, mais pour le reste rien d’anormal. Elle est corse on vous dit.

Collectivite Territoriale de Corse -LE-PARRAIN - (blog Magà Ettori)Les histoires de droit commun en Corse, flirtent souvent avec le cinéma, les unes se confondent avec les autres et on ne sait plus faire la part entre la fiction et la réalité. Ce qu’avait fait hurler Cécile Simon, la présidente du tribunal correctionnel de Paris :  « Je vais vous dire. On est dans la réalité, monsieur. Vous n’êtes pas au cinéma. » C’est vrai que dans la fiction, il était Manu. « Un homme de main, un tueur, un professionnel », décrit-il devant le tribunal correctionnel de Paris. « Un bandit, quoi? », interrogeait la présidente. « On peut dire ça comme ça », approuve Frédéric Graziani qui parlera plus loin du souffle de la brise de mer sur le cercle Wagram. Face à ses juges, il évoque « un mélange entre la réalité et la fiction ». On ne sait plus si c’est l’affaire du Cercle de jeu Wagram qui s’invite dans la série « Mafiosa » ou l’inverse. Toujours est-il que deux acteurs de la série, Frédéric Graziani et Michel Ferracci, sont mêlés à ce dossier entre fiction et réalité.

Collectivité Territoriale de Corse - Paul m'a tuer

Alors que nous sommes dans la troisième journée d’audience du procès en appel de l’affaire des gîtes ruraux (article) l’audition de ce matin de Paul Giacobbi était très attendue. Ce dernier a déclaré s’être senti trahi par ses deux proches conseillers de l’époque, Dominique Domarchi et Dominique Viola. « Tout s’est passé à mon insu. Je suis profondément choqué. C’est une trahison », a confié Paul Giacobbi. C’est là que l’on repense à la vache dans la piscine. Il aura fallu l’intervention des gendarmes et des pompiers pour sortir la pauvre victime barbotant pendant plusieurs jours. Les médias ont été surpris que cette histoire d’amour vache mette tant de temps à filtrer. Mais que l’on se rassure, à la fin le message passe bien.

 

 

Nous sommes malades de ce virus issu du croisement mortifère de la cupidité et de la violence

Paul_Giacobbi_Assemblée_Nationale_mafiaLe doute n’est plus permis il y a une hiérarchie dans la barbarie : certains meurtres sont plus graves que d’autres, certaines vies moins importantes que d’autres. Paul Giacobbi, l »’ex » Président du Conseil Général de Haute Corse, actuel Président de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse, et Député de Haute-Corse,  lors de la première séance de questions au gouvernement de Manuel Valls a évoqué l’assassinat le 23 mars dernier de Jean Leccia, directeur général des services au Conseil général de Haute-Corse à Bastia. Jean Leccia a été assassiné après avoir quitté une soirée électorale à San-Gavino-di-Fiumorbu où sa fille se présentait aux élections municipales. Alors au volant de sa voiture, il a succombé à une rafale d’arme automatique de gros calibre. Est ce un crime affreux ? Assurément ! Une ignoble barbarie ? Bien entendu ! Une terrible tragédie ? C’est évident !  Ceci dit, en quoi ce crime est il plus important qu’un autre ? Qu’est ce qui fait dire à Paul Giacobbi : « C’est le crime le plus grave survenu en Corse depuis l’assassinat du préfet Erignac » ? Et les autres c’est quoi ? Des chiens ? Des statistiques ? 86 meurtres en six ans et une seule élucidation, voilà un vrai chiffre digne d’intérêt. Depuis le 2 avril, les trois principaux collaborateurs de Paul Giacobbi bénéficient de protections policières. Nombre de nos amis morts sous les balles d’assassins anonymes n’ont pas eu cette chance. François-Dominique de Peretti, directeur de cabinet de Giacobbi, Thierry Gamba-Martini directeur général des services de la Collectivité de Corse et Dominique Viola, proche conseiller de Giacobbi vivent désormais sous protection policière. Pau Giacobbi, himself est sous protection depuis janvier 2013. Dans le cadre d’une affaire de marchés publics présumés truqués au sein du conseil général de Haute-Corse, François-Dominique de Peretti – entre autres – avait été placé en garde à vue, puis mis en examen. La grande question est :  »Pourquoi est ce que ces gens sont sous protection policière ? » Peut-être que l’on pourrait au moins nous dire qui menace Paul Giacobbi et ses proches ? Ce serait la moindre des choses. A défaut, il faudrait que l’on se contente des pleurnicheries du Député Giacobbi à l’Assemblée Nationale ou des phrases sibyllines qu’il écrit sur son blog  :  »Écrivant cela, et surtout menant une telle action, je peux moi-même être menacé. »… ok on a compris mais pourquoi ? Ah oui je vois :  »Nous sommes malades de ce virus issu du croisement mortifère de la cupidité et de la violence. » Bien entendu !

 

Meurtre sauvage à Bastia, la Corse sous le choc

La Corse est sous le choc après le meurtre sauvage à Bastia de Tony Thyber (LE DERNIER CLAN - Magà Ettori)
La Corse est sous le choc après le meurtre sauvage à Bastia de Tony Thyber (photo : LE DERNIER CLAN)

Tony Thyber a été assassiné ce matin à Bastia. Elu et chef d’entreprise respecté, Tony Thyber était connu pour sa gentillesse et son dévouement à la cause féministe. Ce meurtre est le 666ème en Corse en 4 ans. L’image de la Corse au cinéma va encore souffrir de cette terrible affaire. L’image de la Corse, c’est vraiment toute une histoire. Chaque fois qu’un politique évoque la Corse et le cinéma il est question de son image et des retours financiers de l’accueil des tournages. Le 24 mai 2001, le discours de Frédéric Mitterrand devant les élus de la Collectivité Territoriale de Corse, n’a pas fait exception à la règle :

 »Pour conclure, je tiens particulièrement à remercier la Collectivité territoriale de Corse et son président Paul Giaccobi pour la qualité de la collaboration engagée avec le Centre national du Cinéma et de l’image animée (CNC), avec le groupe France Télévisions, avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Et je tiens à saluer l’action de son directeur Laurent Ghilini et l’attention constante qu’il a manifesté pour le développement du cinéma et de l’audiovisuel dans l’île. Le niveau d’engagement de la Collectivité territoriale de Corse (CTC) nous oblige : il nous oblige à l’action, il nous oblige aussi au dialogue constant avec les collectivités territoriales, avec les acteurs culturels, avec les professionnels de l’image, cet impératif du siècle à l’heure des simulacres, des avatars et du « bombardement visuel » sans ordre ni hiérarchie. Le fait que la première signature d’une convention du CNC ait lieu ici, en Corse, est un signal fort. Le fait qu’une Convention donnant à une chaîne régionale les moyens d’une ambition européenne soit signée aujourd’hui. Tout cela traduit attention qui est la mienne à l’égard des richesses et les ressources des territoires. J’en prends la mesure à chacun de mes déplacements, dans ce « tour de France » que j’ai engagé depuis mon arrivée rue de Valois. Les territoires sont riches d’expériences, de savoir-faire, mais aussi d’expertises nouvelles : c’est dans cette ambition en faveur d’un dialogue approfondi et renouvelé entre l’Etat et les territoires – dans l’esprit du rapport qui m’a été transmis par Jérôme Bouët – que je souhaite inscrire mon action. Je suis certain que ces deux Conventions sauront traduire cette ambition pour que la Corse soit encore davantage une terre d’images et de cinéma, une terre où la culture de l’image soit à l’image de la culture : une culture forte de sa singularité, une culture vivante, une culture généreuse. Je vous remercie. »

Bien entendu, comme nous ne travaillons ni à la rue de Valois, ni à l’Agence du Tourisme, ni pour la mafia, nous nous  contenterons, avec notre groupe de simples saltimbanques, de faire du cinéma non subventionné et indépendant et à faire des images d’une violence inouïe juste pour des raisons artistiques. Nous présentons tout de même nos sincères condoléances à la famille Thyber, aux proches, amis et alliés. Risposa In Pace.

Infos complètes sur l’affaire Thyber

Le tout en images – affaire Thyber