Territoriales 2015 en Corse

France 3 Corse ViaStella a organisé deux débats entre les candidats aux élections territoriales. Après tirage au sort, Hyacinthe Santoni, Jean-Guy Talamoni, Paul Giacobbi, Camille de Rocca Serra, Gilles Simeoni et Dominique Bucchini ont été les six invités du premier rendez-vous, et Jean-Charles Orsucci (Divers gauche, La Corse à coeur), Emmanuelle de Gentili (Parti socialiste, La Corse qui ose), Paul-Félix Benedetti (Nationaliste, Rinnovu), José Rossi (Les Républicains/UDI), Christophe Canioni (Front National) et Jean Zuccarelli (Parti radical de gauche, La Garantie Républicaine) les six invités du second débat.
Les débats sur deux jours pourraient se résumer à un combat de boxe entre un puncheur arrogant (Paul Giacobbi) et un styliste prudent (Gilles Simeoni), sous le regard malicieux de Dominique Bucchini. Il est toujours très intéressant d’entendre Paul Giacobbi que certains surnomment Janus promettre monts et merveilles sur le plan économique, en gros tout ce qu’il n’a pas fait pendant 5 ans, sauf pour les emplois publiques (voir rapport de la chambre des comptes). Tant d’orgueil dans une seule personne relève d’un miracle de la nature : lui est  »un pro et les autres sont des amateurs » (sic), il est le PADDUC, il est à lui tout seul le sauveur de l’université (2 fois). C’est bien connu quand Paul Giacobbi marche sur un trottoir, même le trottoir change de trottoir. Rappelons le dossier des gîtes ruraux, où il est soupçonné d’avoir fait profiter à des proches et des élus de près de 400.000 € de subventions, sa gestion très particulière à la tête du Conseil Général de Haute-Corse jusqu’en 2010 avec l’affaire des marchés truqués de préservatifs (2 millions d’Euros), des soupçons de détournements de fonds publics pour une association d’aide aux jeunes errants, celle des gîtes ruraux, des deux assassinats (son proche conseiller Dominique Domarchi et celui de Jean Leccia, directeur général des services du conseil général de la Haute-Corse). Il n’y a pas de raisons de pavoiser. Et pourtant, il sait que sa liste est en mesure de pomper toutes les voix de gauche, y compris chez ses anciens partenaires.
En face Gilles Simeoni fut exemplaire de rigueur et de précision. Ses analyses des transports (aériens, terrestres et maritimes) furent très pertinentes. Un petit rappel des lois douanières ne fait jamais de mal. Et en prime, quelques propositions concrètes dans le sens de l’intérêt général. Un débat sans faute. A noter une phrase de Gilles Simeoni :  »des fortunes se sont fondées de manière anormale sur l’appauvrissement général ». Le match s’est poursuivi jusqu’à la fin avec Paul Giacobbi, où Gilles Simeoni relevait que la centrale de Luciana avait coûté 330 millions d’euros, mais avait rapporté seulement 30 millions d’euros  aux entreprises insulaires. Bravo à Gilles Simeoni pour le clin d’oeil à l’humanisme et à l’universalité.
L’appel de Dominique Bucchini au contre-pouvoir, était très lucide. Pour le reste le président actuel de l’Assemblée de Corse est resté dans son rôle de pacitori, un grand classique qui ne devrait pas lui rapporter (sauf à fusionner avec Giacobbi). Hyacinthe Santoni s’est écouté parler, malheureusement il n’est plus un tribun depuis longtemps. Seul élément à son actif, il n’a jamais été aux affaires en Corse et n’est donc pas responsable du marasme économique actuel. Camille de Rocca Sera et José Rossi devrait récupérer à eux deux l’essentiel des voix de droite, pourquoi faire deux listes ? Pour déterminer qui est le boss ? Il y a des primaires pour ça.
Sur le second débat nous dirons que Jean Zucarelli n’a pas été au niveau, pas à l’aise, et peu concret.  »Moi je, moi je » il faut arrêter le nombrilisme quand on représente une famille politique.
Christophe Canioni fait un peu tâche, ponctuant son discours de Heu Heu et de phrases inaudibles. Diriger une liste FN , bon voilà quoi… mais en plus le faire mal, c’est dommage. Il semblait perdu dans le débat. Une méconnaissance totale des dossiers, pas de vision politique affichée, un discours plat. Christophe Canioni débarque en tête de liste et ça se voit. Ce qui est effrayant, c’est qu’il soit crédité de 11%. Espérons qu’il s’agisse d’une erreur de virgule. Le retour à la CTC d’un élu FN n’est pas impossible, et ce serait sans doute le moins compétent de tous. Dans les scénarios catastrophe, imaginons qu’une liste lui propose la présidence de l’Assemblée pour récupérer ses 11% ! Impossible ? A suivre…
Il aurait été intéressant que Paul-Felix Benedetti et José Rossi débattent avec ceux de la veille, dommage. Avec ces deux techniciens nous sommes dans le très lourd. José Rossi a sans doute d’autres carte à jouer que l’anti-indépendantisme, sur ce terrain éculé Santoni et Zucarelli ont pris des positions qui vont leur coûter cher. Jean-Charles Orsucci et Emmanuelle de Gentili furent également excellents, précis, pertinent mais un peu trop complice : il fallait faire une seule liste car ils risquent de rester sur le carreau tous les deux. Quoi qu’il en soit, ils ont défendu habilement leur projet politique. Quand la compétence est là, il s’agit juste de sensibilité politique et chacun fera ses choix à l’urne. Et les écolos dans tout ça ?

Nous sommes malades de ce virus issu du croisement mortifère de la cupidité et de la violence

Paul_Giacobbi_Assemblée_Nationale_mafiaLe doute n’est plus permis il y a une hiérarchie dans la barbarie : certains meurtres sont plus graves que d’autres, certaines vies moins importantes que d’autres. Paul Giacobbi, l »’ex » Président du Conseil Général de Haute Corse, actuel Président de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse, et Député de Haute-Corse,  lors de la première séance de questions au gouvernement de Manuel Valls a évoqué l’assassinat le 23 mars dernier de Jean Leccia, directeur général des services au Conseil général de Haute-Corse à Bastia. Jean Leccia a été assassiné après avoir quitté une soirée électorale à San-Gavino-di-Fiumorbu où sa fille se présentait aux élections municipales. Alors au volant de sa voiture, il a succombé à une rafale d’arme automatique de gros calibre. Est ce un crime affreux ? Assurément ! Une ignoble barbarie ? Bien entendu ! Une terrible tragédie ? C’est évident !  Ceci dit, en quoi ce crime est il plus important qu’un autre ? Qu’est ce qui fait dire à Paul Giacobbi : « C’est le crime le plus grave survenu en Corse depuis l’assassinat du préfet Erignac » ? Et les autres c’est quoi ? Des chiens ? Des statistiques ? 86 meurtres en six ans et une seule élucidation, voilà un vrai chiffre digne d’intérêt. Depuis le 2 avril, les trois principaux collaborateurs de Paul Giacobbi bénéficient de protections policières. Nombre de nos amis morts sous les balles d’assassins anonymes n’ont pas eu cette chance. François-Dominique de Peretti, directeur de cabinet de Giacobbi, Thierry Gamba-Martini directeur général des services de la Collectivité de Corse et Dominique Viola, proche conseiller de Giacobbi vivent désormais sous protection policière. Pau Giacobbi, himself est sous protection depuis janvier 2013. Dans le cadre d’une affaire de marchés publics présumés truqués au sein du conseil général de Haute-Corse, François-Dominique de Peretti – entre autres – avait été placé en garde à vue, puis mis en examen. La grande question est :  »Pourquoi est ce que ces gens sont sous protection policière ? » Peut-être que l’on pourrait au moins nous dire qui menace Paul Giacobbi et ses proches ? Ce serait la moindre des choses. A défaut, il faudrait que l’on se contente des pleurnicheries du Député Giacobbi à l’Assemblée Nationale ou des phrases sibyllines qu’il écrit sur son blog  :  »Écrivant cela, et surtout menant une telle action, je peux moi-même être menacé. »… ok on a compris mais pourquoi ? Ah oui je vois :  »Nous sommes malades de ce virus issu du croisement mortifère de la cupidité et de la violence. » Bien entendu !