Dans la jungle de l’Etat d’urgence

La police, main sur la gâchette, maîtrise une redoutable terroriste
La police, main sur la gâchette, maîtrise une redoutable terroriste

Les députés, après les sénateurs, ont approuvé une nouvelle prolongation de l’Etat d’urgence. Le gouvernement a fait valoir que ce régime d’exception, ce régime de suspicion, était nécessaire car la menace terroriste est là. Les services de police et la justice immanente n’ont pas attendu ce vote des parlementaires pour faire leur office. Deux affaires d’importance viennent d’être résolues. La première impliquait Francine Néago, une ressortissante française, dans un trafic international de fraudes aux allocations vieillesse. La deuxième affaire concernait des faits d’une violence rare, qui menaçaient les intérêts supérieurs de la France. A Poitier, Katia Lipovoï, une dangereuse activiste a été arrêtée sans ménagement par des policiers, alors qu’elle protestait contre l’abattage des platanes dans son quartier. Katia Lipovoï, 72 ans, avait fait tomber une barrière de sécurité. Les caméras sur place montrent les policiers qui l’empoignent et la porte sans ménagement alors que la malheureuse se débat pour sa survie, « vous m’étouffez » crie t-elle  » J’étouffe ». Les forces de l’ordre ne semblent pas s’émouvoir. On ne négocie pas avec les terroristes.

A Paris cette fois, c’est Francine Néago qui a donné bien du fil à retordre à l’administration. Francine Néago, 86 ans vit en Indonésie. Si l’octogénaire est revenue en France, c’est contrainte et forcée. Depuis un an, son allocation de solidarité vieillesse ne lui était plus versée. Elle a donc décidé de revenir à Paris pour régler ce problème administratif, avec très peu d’argent sur elle, seulement de quoi tenir à l’hôtel 4 jours. C’est mal connaître l’administration française, où les réponses s’estiment en mois et en non en jours.

Francine Néago s’est vite retrouvée à la rue. Lors d’une de ses rondes le Samu social parisien l’a recueille, et l’a conduit au centre d’hébergement d’Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne. Sur place une gériatre, s’est vite rendue compte à qui elle avait à faire. Mais au fait qui est Francine Néago ? Une chercheuse mondialement connue pour son travail sur les orangs-outans. Francine Néago a écrit onze ouvrages de référence sur le sujet. Elle est la première à avoir appris à parler phonétiquement à un grand singe, et a conçu une méthode informatique pour communiquer avec eux. Pour étudier leur langage, elle s’est enfermée volontairement avec dix-huit de ces singes, au zoo de Singapour. Francine Néago est amie avec Jane Goodall spécialiste des chimpanzés et Francine Patterson, la chercheuse qui enseigna la langue des signes au gorille Koko. La comparaison s’arrête là car malheureusement la française n’a pas le savoir-faire de ses homologues, en terme de collecte de fonds. Son seul financement ce sont les 800 euros de minimum vieillesse accordés aux ressortissants français n’ayant jamais cotisé pour leur retraite. Elle vit donc à Sumatra avec 50 euros par mois. Le reliquat de cet énorme détournement est dédié aux frais de fonctionnement de son centre de sauvetage des animaux.

Francine Néago (Magà Ettori - blog)Francine Néago SDF, voilà qui conduit à un autre problème :  »Au niveau national, faute de moyens, le 115 ne répond qu’à une demande sur deux », déplore la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale. Encore récemment, pendant la vague de froid, un vieil homme mourrait seul dans un parking humide. Que dire ? La France manque de financements pour aider les sans abris ? Peut-être devrions nous aller chercher en Suisse, dans les comptes opaques de certains hommes politiques ? Ou alors en Iran.

L’Iran, ce grand pays des droits de l’Homme. L’Iran revenu sur la scène internationale grâce à la levée des sanctions économiques, après un accord sur le nucléaire avec les grandes puissances. L’Iran pays de Cocagne pour l’industrie et le commerce français. L’Iran où les travailleurs sont constamment victimes d’abus, de discriminations et de harcèlements. L’Iran où les syndicalistes sont menacés et emprisonnés, voire condamnés à mort. L’Iran qui interdit l’accès à certaines professions aux femmes, aux minorités religieuses ou ethniques, aux dissidents politiques. L’Iran qui ne connait pas le chômage, enfin pour les enfants. L’Iran et sa justice presque indépendante, où les lois sont appliquées à la tête du client, selon le bon vouloir d’un régime presque pas corrompu. L’Iran qui pendant la période de sanctions économiques, a vu les pays occidentaux geler ses avoirs à hauteur d’une trentaine de milliards d’euros. Des sommes aujourd’hui disponibles pour permettre au président iranien, l’humaniste Hassan Rohani, de faire son marché dans les entreprises françaises. La visite d’Hassan Rohani en France initialement prévue en novembre 2015, a été reportée à janvier 2016, suite aux attentats de Paris. Il s’agissait de la première visite d’un président iranien à l’Elysée depuis Mohammad Khatami en 2005. Une visite de courtoisie qui n’était pas sans rappeler celle de Mouammar Kadhafi en 2007, encore un grand humaniste, nullement impliqué dans le terrorisme international. A l’époque, les chefs des grandes entreprises françaises d’armements, de l’aéronautique ou de l’énergie espéraient déjà signer des contrats avec le dictateur Libyen et remporter des marchés. A la fin, Tripoli aura tout de même financé, en France, une campagne présidentielle à hauteur de 22 millions d’euros. Mais ça, c’était la droite. La gauche, préfère inviter Hassan Rohani qui envisage d’acquérir entre-autre 114 Airbus. Le président Iranien souhaite investir dans d’autres secteurs et déroule le tapis rouge à Total qui louche sur le pétrole, Alstom et ses locomotives, Véolia qui propose son expertise dans le traitement des déchets, l’industrie pharmaceutique made in France, et le groupe Doux, leader européen de son secteur – mis en cause dans le fameux cartel de la volaille – cumulant un chiffre d’affaires de trois milliards d’euros, qui espère écouler ses poulets congelés en Iran.

C’est sans doute, sur ce dernier point, que l’action de Katia Lipovoï, pourrait avoir des conséquences négatives dans nos relations avec l’Iran. Imaginez que cette dangereuse militante de la Ligue de Protection des Oiseaux, pour sauver des poulets de la congélation, s’en prenne à Hassan Rohani. Ce serait une nouvelle crise diplomatique. Ce n’est pas le moment de polémiquer. Les économistes pensent que l’Iran va connaître une croissance importante jusqu’en 2020. Rome a caché les attributs impudiques de ses statues lors de la visite d’Hassan Rohani en Italie, et les français on su mettre de l’eau dans leur vin, lors d’un repas mémorable où la gente féminine n’était pas conviée. Nous savons que dans les années à venir, l’Iran aura des besoins important en infrastructures, technologies, biens et services de grande consommation, autant d’opportunités pour les entreprises françaises,… autant de risques. Comment Hassan Rohani pourrait-il avoir confiance en un pays qui ne sait pas tenir ses octogénaires ? Des femmes de surcroît. Oui nos parlementaires ont bien fait de voter la prolongation de l’Etat d’urgence.

 

une mer de sang et de larmes

Grindadrap (Magà Ettori - Blog)Si le massacre d’animaux marins est souvent l’apanage des pays asiatiques (chasse à la baleine, massacre de dauphins au Japon, Corée du Sud, …), ces pratiques existent également en Europe, outre la chasse à la baleine en Islande, un pays s’adonne chaque année à une pratique sanguinaire : le Grindadrap, soit le rabattage et le massacre de familles entières de dauphins-pilotes aux îles Féroé (Danemark). Le Grindadrap date du IXe siècle. A l’origine, un Grindadrap mené pouvait nourrir un village tout entier pendant des mois. Cette chasse était également l’occasion, pour les jeunes pêcheurs qui s’y initient de prouver leur virilité, une Bar Mitsva féringienne quoi … A l’époque, le Grindadrap demandait une grande coordination des pêcheurs embarqués sur des bateaux, qui devaient encercler un groupe de baleines ou de dauphins et les emmener dans une baie, où les cétacés étaient bloqués dans les eaux peu profondes. Les pêcheurs restés sur le rivage s’avançaient dans l’eau et traînaient les baleines jusqu’au bord avec des cordes et des crochets, puis les égorgeaient avec de grands couteaux (grinds) tout en leur brisant la colonne vertébrale. Après le Grindadrap, les participants comptent le nombre de prises et évaluent la pêche. Les autorités locales distribuent équitablement et gratuitement la viande et la graisse de baleine aux résidents, qui les ramènent chez eux pour préparer la viande.

Grindadrap 2 (Magà Ettori - Blog)Autrefois sans doute nécessaires pour nourrir la population féringienne, les massacres de globicéphales sont incompressibles aujourd’hui, les iles Féroé affichent l’un des niveaux de vie les plus élevés d’Europe. De surcroit, la viande et la graisse de ces animaux contient des polluants et des substances toxiques, dues à l’activité d’industries lourdes, qui se sont accumulés dans les tissus des animaux via le processus de la bioaccumulation. À cause de fortes concentrations de mercure et de PCB[5] dans ses tissus, la chair des globicéphales n’est plus considérée comme comestible par le corps médical féringien lui-même. Les taux de toxicité dépassent largement les limites imposées par la législation européenne. Beaucoup d’habitants ont réduit leur consommation de viande et de graisse de baleine, suite aux publications du système hospitalier féringien, mais cette consommation n’a pas disparu complètement : elle reste une tradition culturelle. Le Grindadrap perdure donc et est aujourd’hui le plus grand massacre de mammifères marins d’Europe. La tradition s’est largement modernisée : les féringiens ont désormais recours aux bateaux à moteurs, à des radars, des téléphones portables… On est loin des barques et des signaux de fumée d’antan. Les globicéphales, une espèce menacée  Les dangers que doit affronter le globicéphale sont nombreux : surpêche, raréfaction de leur nourriture, pollution, acidification des océans, captures accidentelles, nuisances sonores liées aux activités militaires, tests sismiques… À cela s’ajoutent Grindadrap. On y observe des dauphins dotés d’une intelligence, d’une conscience d’eux-mêmes et d’une grande solidarité entre membres d’une même famille : aussi l’agonie est un moment particulièrement atroce pour ces animaux. On peut d’ailleurs observer que les dauphins ne prennent pas la fuite, mais reviennent défendre les plus petits d’entre eux, pour finir massacrés.