Ô capitaine, mon capitaine !

Robin William - (Magà Ettori - Blog)Il disait :  »Carpe Diem : Profitez du jour présent mes amis, que votre vie soit extraordinaire ».  Un monstre sacré nous a quittées, Ô capitaine, mon capitaine, Robin Williams s’en est allé ! Robin McLaurin Williams est décédé à son domicile, lundi à l’âge de 63 ans. Une enquête est toujours « en cours sur les causes et les circonstances du décès », précise le communiqué de la police, ajoutant que le comédien a été vu vivant pour la dernière fois dans son domicile, où il vit avec sa femme, dimanche « vers 22h00 ». Robin Williams reçu l’Oscar du meilleur second rôle pour Will Hunting qui lui valut également le Screen Actors Guild Award.  Il a également été nominé pour du meilleur acteur pour Good Morning Vietnam, Le cercle des poètes disparus et Fisher King. Aussi fantastique dans la comédie que dans le registre dramatique, Robin Williams a remporté un prix spécial de la Hollywood Foreign Press Association pour sa création vocale dans le dessin animé Aladdin, le Golden Globe pour Madame Doubtfire, le Prix d’interprétation du National Board of Review pour L’Eveil, 4 Grammy Awards, notamment pour « Robin Williams Live at the Tet », sur HBO, 2 Emmy Awards pour les émissions spéciales « Carol, Carl, Whoopi and Robin » et « ABC Presents a Royal Gala ».  Tous ses rôles furent incroyable, fantastique, éblouissant, touchant. Pourtant, il en est un film qui m’a marqué, un chef-d’oeuvre du 7eme art, celui où professe  John Keating :

JOHN KEATING : Monsieur Anderson, je vous vois quasiment à l’agonie. Debout Todd, allez, abrégeons votre tourment.

TODD ANDERSON : Je-je n’ai rien fait Monsieur.

JOHN KEATING : Monsieur Anderson croit que ce qu’il en lui est une bêtise piteuse, et embarrassante. C’est pas vrai, Todd, ce n’est pas ça votre terreur ? Vous avez tort. Je crois que ce que vous avez dans le ventre a une grande valeur. [Il écrit au tableau] Je hurle mon cri barbare YAWP sur tous les toits du monde. W, W. L’oncle Walt encore. Le phonie est tout à fait clair, un « yawp » traduit un grand cri rauque. Allez Todd, vous allez nous offrir une démonstration de ce barbare « Yawp ». Enfin voyons, on ne « yawpe » pas assis. Allez, allez, en piste, debout. En position de « Yawp ».

TODD ANDERSON : Un yawp ?

JOHN KEATING : Non non, je veux un yawp barbare. YAWP !

TODD ANDERSON : D’accord. (à voix basse) Yawp.

JOHN KEATING : Oh, mieux que ça. Plus fort.

TODD ANDERSON : (à voix basse) Yawp.

JOHN KEATING : Mais c’est un « Miaou » ça. YAWP !

TODD ANDERSON : Yawp.

JOHN KEATING : Soyez un homme, pas un…

TODD ANDERSON : (hurle) YAWP !

JOHN KEATING : Ça y est, et oui il y a un barbare qui dort en vous. Mais maintenant, non ce n’est pas fini, le jeu n’est pas fini. La photo de l’oncle Walt, là haut, à quoi elle vous fait penser ? Allez, allez, sans réfléchir, vite !

TODD ANDERSON : Euh, à, à un fou.

JOHN KEATING : Quel genre de fou ? Dites, allez, sans réfléchir !

TODD ANDERSON : Un fou un peu dément.

JOHN KEATING : Mais non voyons, trouvez mieux que ça. Libérez votre esprit, essayez de l’imaginer, dites ce qui vous passe par la tête, allez, même si c’est une absurdité.

TODD ANDERSON : Un fou avec les dents qui transpirent.

JOHN KEATING : Bon sang, mais c’est de la poésie que vous faites, Todd. Fermez les yeux. Voilà, voilà, on ferme les yeux. Décrivez ce que vous voyez. TODD ANDERSON : J’ai les yeux fermés.

JOHN KEATING : Oui ?

TODD ANDERSON : Et son image flotte près de moi.Robin William - Cercle des poetes disparus (Magà Ettori - Blog)

JOHN KEATING : Le fou aux dents qui transpirent ?

TODD ANDERSON : Oui, le fou aux dents qui transpirent avec un regard qui perce mon front.

JOHN KEATING : Oh mais c’est excellent. Mettez-le en mouvement. Que fait-il ?

TODD ANDERSON : Il essaie de m’étrangler, il tend les mains.

JOHN KEATING : Très bien, oui, oui, très bien !

TODD ANDERSON : Il n’arrête pas de marmonner. JOHN KEATING : Qu’est-ce qu’il marmonne ?

TODD ANDERSON : Il marmonne des choses. Que la vérité est comme une couverture qui vous laisse les pieds froids.

JOHN KEATING : (la classe rit) Oubliez les autres, ils n’existent pas. Cette couverture, dites m’en plus. Parlez-moi d’elle.

TODD ANDERSON : On a beau tirer dans tous les sens, y en a jamais assez. On la tire, on la pousse, et elle est trop petite pour nous tous. Du moment où on entre en gémissant au moment où on part agonisant, on se cache sous la couverture, et on pleure, on crie, et on se meurt.

JOHN KEATING : N’oubliez jamais ça.

Non ! Nous n’oublierons rien monsieur Williams, bon voyage professeur : Ô capitaine, mon capitaine !

 

Ciao Tony Soprano

« Il se peut qu’un jour tout soit oublié, passé à la trappe ; ce jour-là, nous nous souviendrons encore de Tony-Gandolfini luttant contre l’absence de face et le défaut de souffle. Est-il seulement possible de ne pas étouffer, à la télévision, quand on a son envergure ? Envisageable d’y montrer un visage ? L’usure des naseaux et les chavirements de l’expression trahissent une peine. Ça ne va pas. Je suis épuisé. Je vais continuer. Je n’en peux plus. Plains-toi, Tony. Plains-toi tellement que Carmela, l’épouse à la patience pourtant proverbiale, ne pourra pour finir que s’en plaindre à son tour. » (Passion de Tony Soprano – Emmanuel Burdeau)

James Gandolfini (Magà Ettori - Blog)

Non le parrain du New Jersey, ne passera pas à la trappe.  Oui James Gandolfini alias Tony Soprano pendant six saisons est décédé hier d’une crise cardiaque à Rome. Cette série saluée comme le meilleur programme de l’histoire de la télévision, a eu pour effet de mettre en lumière tout le talent de James Gandolfini. Né en 1961 dans le New Jersey au sein d’une famille italo-américaine, James Gandolfini commence à jouer dans des pièces de théâtre dès le lycée. A l’université, tout en étudiant la communication, il travaille comme videur dans un pub de la fac et comme barman. En 1993, on le remarque, dans la peau du tueur mafieux Virgil dans  »True Romance » de Tony Scott sur un script de Quentin Tarantino. Il collabore de nouveau avec Tony Scott dans  »USS Alabama » (1996) où il tient le rôle d’un officier de sous-marin dissertant sur les meilleurs films du genre. Il enchaîne les rôles  »Get Shorty »,  »She’s So Lovely »,  »8 mm », généralement de tueur italo-américain costaud. C’est en 1999 qu’il est engagé pour tenir le rôle principal de la série Les Soprano grâce à son rôle dans  »True Romance », celui de Tony Soprano, boss mafieux implanté dans le New Jersey. Du sur mesure. Après une crise d’angoisse, Tony va suivre une psychothérapie qui va changer sa vie. Réaliste, drôle, vivante, sorte de pendant des  »Affranchis » (avec un caméo de Martin Scorsese et tous les acteurs des Affranchis), la série connut unTony Soprano (Magà Ettori - blog) succès mondiale, une audience incroyable et un retentissement critique peu commun. James Gandolfini remporta avec ce rôle un Golden Globe, un Emmy Award et trois Grammy Awards à James Gandolfini. La série s’arrêta en 2007 à sa sixième saison. Depuis, on l’a vu au cinéma dans  »L’Attaque du métro 123 » (2009),  »In The Loop » (2009),  »Max et les Maximonstres » (2009),   »Welcome to the Rileys » (2010)… Il a produit deux documentaires :  »Alive Day Memories : Home from Iraq » (2007) sur les vétérans d’Irak, et  »Wartorn » : 1861-2010 (2010) qui analyse le traumatisme des soldats américains de retour de guerre depuis la Guerre de Sécession. Il y a un an on l’a remarqué au Festival de Cannes dans le rôle de Cogan pour  »Killing them softly » avec Brad Pitt, puis en boss de la CIA dans  »Zero Dark Thirty ». Dans l’un de ses derniers films,  »Not Fade Away », premier long-métrage de David Chase (décembre 2012, inédit en France), il jouait le père du héros, un jeune homme rêvant de rock dans le New Jersey des années 60. Le Boss, Tony Soprano a réussit à décrocher sa place de Capo del Capi, méchant des méchants, chef des affreux, dans le très convoité Panthéon du 7eme art, et à rendre immortel le fabuleux James Gandolfini. Grâce lui soit rendue, ciao Tony Soprano !