dégénérescence identitaire

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 »Ce rappeur a une tête de dégénéré. De près ou de loin, je ne vois pas ce qu’il y a de corse dans tout ce qu’il peut faire. Grâce à Dieu, les (vrais) Corses ne sont pas encore tout à fait semblables à ces figures pathétiques importées des banlieues françaises. », voici le genre de commentaire que l’on pouvait lire suite à la mise en ligne du clip de Beli Blanco Vittoria, tiré de mon film le Dernier Clan.

Dans l’antiquité romaine, le verbe degenerare, emprunté au domaine de l’agriculture, est fréquemment utilisé dans le champ de la morale et de la filiation. Alors il n’est jamais utilisé pour décrire une difformité physique, mais signale exclusivement un écart de caractère ou de conduite. La moralité, nous y reviendrons. Nous disions donc un rappeur avec « une tête de dégénéré » (sic), simple provocation d’anonymes masqués derrière des écrans (ici ou ailleurs) ou véritable malaise de société se traduisant par des messages de haine et de racisme ?  »ces figures pathétiques importées des banlieues françaises », nul besoin de les importer. Heureusement nous avons les nôtres, des dégénérés bien à nous, à l’usu nustrale, estampillés made in Corsica. On envisageait même de faire une demande d’AOC, alors vous imaginez si on veut préserver toute la spécificité de la dégénérescence identitaire. A force de parler de corsitude, il va falloir un jour déterminer des critères, établir un cahier des charges, faire un état des lieux de notre pureté.

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Une étude récente a calculé l’indice de bonheur des différentes régions françaises. La France, un des pays les plus angoissés du bloc occidental (voir sa consommation de psychotropes), qui offre à la Corse un nouveau podium : avec la Normandie et la Franche-Comté, l’ile fait partie du groupe de régions les plus anxieuses de France.

Ok, cette étude est hautement subjective. Allons donc vers du concret, des chiffres bien officiels. Plaident-ils en faveur de notre créativité ? Zone la plus criminogène d’Europe, région où le plus d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté (en 2007, 18,8 % de la population étaient considérés comme pauvres avec un taux de précarité pour les jeunes de 22 %), une personne sur trois seulement est dans la population active, région où le coût de la vie est le plus élevé (les prix des produits alimentaires étaient en 2006 supérieurs de 9,7 % par rapport au sud-est de la France et jusqu’à 20 % supérieurs pour les légumes), trois personnes sur quatre sans emploi, cinq personnes sur six travaillent dans le secteur public. Je pourrais en aligner des kms comme cela.

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Certes ce sont des indices, des chiffres plus ou moins interprétables. Pourtant la Corse semble définitivement prisonnière d’un modèle de développement au sein duquel la croissance est nourrie par l’investissement public, une fréquentation touristique balnéaire et un secteur de la construction qui bénéficie des deux autres et attise les convoitises. Au passage disons que 44 % des logements neufs construits entre 2003 et 2008 sont acquis par des personnes extérieures à la Corse au moment de l’achat. Le poids des résidences secondaires est écrasant, alors que les achats par les ménages s’installant dans l’île ne pèsent que 5 % du marché neuf. Ce qui revient à dire qu’il est presque aussi difficile de se loger en Corse qu’en Ile de France.

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Et dire que pour assurer l’avenir de nos enfants nous ne pouvons même plus compter sur les bonnes vieilles administrations et l’ancestral chantage à l’élection. Le secteur public, nous le savons, va subir un choc récessif, cette fois via la baisse et le gel des dotations nationales et européennes, principales sources de recettes pour les collectivités locales. Ceci implique moins d’emplois publics et une capacité réduite pour l’investissement. Or, nous l’avons dit le secteur public pèse 30 % du PIB et a été la source du quart de la croissance de l’île sur la dernière décennie. Le PEI 3e version permettra de limiter la pression récessive mais pas de la compenser. Bien loin d’être protégée de la crise par le poids des administrations et l’importance des transferts qu’elle reçoit, l’île va passer un mauvais quart d’heure. Nous nous dirigeons donc vers un décrochage progressif du niveau de vie des habitants via une érosion du pouvoir d’achat et des transferts. Et bien entendu avec le corollaire de violence qui va avec.

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A l’abri des home-jacking, retranchés dans leur tour d’ivoire, certains élus se passent le flambeau de génération en génération, ils cumulent les mandats avec frénésie (pourvu que ça dure). Fils, petit-fils et arrière-petit-fils de,… les capitaines d’épaves s’accrochent à leurs sièges électoraux, sans doute de peur de se faire botter les fesses. Mais la Corse d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier et encore moins celle de demain.

Combien de temps encore ces saboteurs mettront-ils à avouer leur maladie honteuse ? La fameuse maladie hollandaise. Non je ne parle pas de la Coupe UEFA de 78 qui a vu le sacre du PSV Eindhoven contre le Sporting de Bastia, ni même du Président de la République. Je ne fais pas non plus allusion à une quelconque monarchie héréditaire, mais bien à l’absence de talent et de vision qui caractérisent nos dirigeants. Une médiocrité inversement proportionnelle à leur moralité qui nous a conduit dans l’impasse actuelle. Dans l’île, ils sont corrompus par la mafia, poursuivis par les juges, jugés par le peuple, et pourtant toujours là, encore et encore. Si nous mettions leurs vidéos en ligne – en même temps que leurs déclarations de patrimoine – il y aurait sans doute un petit malin pour dire :  »ces politiques ont des têtes de dégénérés ! »

Nous sommes malades de ce virus issu du croisement mortifère de la cupidité et de la violence

Paul_Giacobbi_Assemblée_Nationale_mafiaLe doute n’est plus permis il y a une hiérarchie dans la barbarie : certains meurtres sont plus graves que d’autres, certaines vies moins importantes que d’autres. Paul Giacobbi, l »’ex » Président du Conseil Général de Haute Corse, actuel Président de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse, et Député de Haute-Corse,  lors de la première séance de questions au gouvernement de Manuel Valls a évoqué l’assassinat le 23 mars dernier de Jean Leccia, directeur général des services au Conseil général de Haute-Corse à Bastia. Jean Leccia a été assassiné après avoir quitté une soirée électorale à San-Gavino-di-Fiumorbu où sa fille se présentait aux élections municipales. Alors au volant de sa voiture, il a succombé à une rafale d’arme automatique de gros calibre. Est ce un crime affreux ? Assurément ! Une ignoble barbarie ? Bien entendu ! Une terrible tragédie ? C’est évident !  Ceci dit, en quoi ce crime est il plus important qu’un autre ? Qu’est ce qui fait dire à Paul Giacobbi : « C’est le crime le plus grave survenu en Corse depuis l’assassinat du préfet Erignac » ?

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Et les autres c’est quoi ? Des statistiques ? 86 meurtres en six ans et une seule élucidation, voilà un vrai chiffre digne d’intérêt. Depuis le 2 avril, les trois principaux collaborateurs de Paul Giacobbi bénéficient de protections policières. Nombre de nos amis morts sous les balles d’assassins anonymes n’ont pas eu cette chance. François-Dominique de Peretti, directeur de cabinet de Giacobbi, Thierry Gamba-Martini directeur général des services de la Collectivité de Corse et Dominique Viola, proche conseiller de Giacobbi vivent désormais sous protection policière.

Résultat de recherche d'images pour "erignac prefet"Paul Giacobbi, himself est sous protection depuis janvier 2013. Dans le cadre d’une affaire de marchés publics présumés truqués au sein du conseil général de Haute-Corse, François-Dominique de Peretti – entre autres – avait été placé en garde à vue, puis mis en examen. La grande question est :  »Pourquoi est ce que ces gens sont sous protection policière ? » Peut-être que l’on pourrait au moins nous dire qui menace Paul Giacobbi et ses proches ? Ce serait la moindre des choses. A défaut, il faudrait que l’on se contente des pleurnicheries du Député Giacobbi à l’Assemblée Nationale ou des phrases sibyllines qu’il écrit sur son blog  :  »Écrivant cela, et surtout menant une telle action, je peux moi-même être menacé. »… ok on a compris mais pourquoi ? Ah oui je vois :  »Nous sommes malades de ce virus issu du croisement mortifère de la cupidité et de la violence. »