Le retour des années de plomb

Les urnes des élections régionales ont livré leur verdict : le Front National arrive en tête des suffrages à l’issue du premier tour. Au niveau national le FN enregistre 28,77% des voix, devant l’Union de la droite à 26,86%, l’Union de la gauche à 23,23%, les écologistes à 3,77%, les listes Debout la France 3,78%. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce résultat :  la hausse galopante du chômage (records annoncé il y a quelques jours), une pression fiscale inconsidérée et une gestion de l’austérité à géométrie variable, une suite d’affaires politico-financières,  la crise économique et surtout les attentats du 13 novembre.  Alors que monsieur  »Heu Heu » (le représentant FN en Corse) balbutiait quelques mots incompréhensibles sur le plateau de France 3, Marine Le Pen s’exprimait sur les grandes chaînes TV : « Le mouvement national est désormais sans conteste le premier parti de France alors qu’il est rappelons le peu représenté au Parlement ». Elle a salué un résultat magnifique, accueilli avec un sens profond des responsabilités. « Les campagnes de calomnies ne manqueront pas de s’intensifier » a-t-elle déclaré. La présidente du FN a estimé être « le seul parti à défendre la souveraineté de la France ». A ceux qui dénoncent un FN raciste, elle a répondu que le FN a « vocation à rassembler les Français de toutes les origines ». Les Français de toutes les origines ? C’est sans doute le voeu également de la candidate Front National en Paca Marion Maréchal-Le Pen, qui a affirmé mardi que les musulmans ne pouvaient être Français « qu’à la condition seulement de se plier aux mœurs et au mode de vie » hérités de l’histoire notamment chrétienne du pays : « Qui n’a pas vibré au sacre de Reims et à la fête de la Fédération n’est pas vraiment Français », a lancé la députée FN, lors d’un meeting à Toulon (Var). Pendant plusieurs siècles, les rois de France ont été sacrés dans la cathédrale de Reims, symbole de l’alliance entre le pouvoir royal et l’Église catholique. La fête de la Fédération est elle un symbole républicain, la célébration du premier anniversaire de la prise de la Bastille. « Nous ne sommes pas une terre d’Islam, et si des Français peuvent être de confession musulmane, c’est à la condition seulement de se plier aux mœurs et au mode de vie que l’influence grecque, romaine, et seize siècles de chrétienté ont façonné », a-t-elle ajouté : « chez nous, on ne vit pas en djellaba, on ne vit pas en voile intégral et on n’impose pas des mosquées cathédrales ». La barbarie du terrorisme a ouvert la voie à un renouveau du néo-fascisme qui promet un ticket sans retour aux années de plomb, voir plus si affinités.

régionales 2015 (Magà Ettori - blog)

Allain Bougrain-Dubourg, des journalistes et des militants LPO violentés

Allain Bougrain-Dubourg (Magà Ettori - blog)C’est aujourd’hui que nous décernons le prix du « chasseur le plus ridicule de l’année », et pourtant la concurrence est dure. Digne de  »Silex and the City », notre tartarin est sorti de chez lui en slip kangourou (qui a dit qu’il n’aimait pas les animaux ?) et armé d’une pelle. Ses acolytes légèrement plus vêtus n’en étaient pas moins ridicules. Ce serait très drôle si ça n’avait pas été si grave et dangereux. Leur cible du jour était des journalistes et des membres de la Ligue de protection des Oiseaux (LPO, dont le siège est à Rochefort) qui menaient une opération à Audon (Landes), contre le braconnage des pinsons, une espèce protégée. Des journalistes qui accompagnaient les militants de la LPO, dont son président Allain Bougrain-Dubourg, ont également été la cible d’insultes et de violences. Une demi-douzaine de militants de la LPO qui entendaient dénoncer « le braconnage des pinsons » dans les Landes, suivis par autant de journalistes, avaient pénétré dans un champ de maïs à Audon – à 30 kilomètres au sud-ouest de Mont-de-Marsan – où ils avaient repéré plusieurs dizaines de pièges à alouettes, appelés matoles dans le Sud-Ouest. Alors qu’ils commençaient à détruire ces pièges, un riverain est sorti de chez lui armé d’une pelle, insultant militants et journalistes et frappant certains d’entre eux à l’aide de son outil. Un second riverain est également sorti en brandissant un outil agricole pour menacer écologistes et journalistes, tentant à son tour d’arracher appareils photos et caméras. Les pneus des véhicules de certains écologistes et journalistes ont aussi été crevés. Heureusement que les forces de l’ordre sont intervenues, sinon nous aurions pu retrouver les journalistes et les militants dans les matoles. Nous avons eu au téléphone, l’équipe des militants dans l’après-midi alors qu’ils étaient au commissariat, ce qui est tout de même la moindre des choses.  Une pelle pour mémoire est une arme par destination, mais pas grand chose en effet quand on sait que ces mêmes « génies » se promènent avec des armes à feu tous les week-ends. Même pas peur !

Allain Bougrain-Dubourg 2 (Magà Ettori - blog)