Paul Giacobbi, mafia et Guantanamo

Guantanamo (Magà Ettori - Blog)Avant  »Giacobbi corruption »,  »Corse Violence Mafia » et  »Paul Giacobbi Gîtes ruraux », un des premiers termes de recherche les plus importants pour arriver sur notre blog (top 5) est  »Paul Giacobbi mafia ». Ce qui revient à dire que les internautes tapent massivement le nom du Président de l’Exécutif de l’assemblée de Corse et le mot mafia, c’est un fait. Pourquoi ? Qu’est-ce qui alimente la rumeur ? Paul Giaccobi, également député de la deuxième circonscription de Haute-Corse a été le premier élu à être protégé depuis les déclarations de Manuel Valls et Christiane Taubira en décembre dernier sur l’île. C’est une piste, mais un peu mince, il y a tellement de possibilités. Les  »affaires » de ces derniers jours nous apportent un éclairage différent.

Démission de Marie-Antoinette Brunelli-Santoni

Contrairement à ce que prétend Jean-Louis Luciani, le président de l’Office Développement Agricole et Rural de Corse (ODARC), la démission de Marie-Antoinette Brunelli-Santoni de la Commission d’évaluation et de contrôle de l’Assemblée de Corse, n’est pas un non évènement. Dans le Corse Matin de ce jour, Marie-Antoinette Brunelli-Santoni accuse l’Exécutif de faire de la rétention d’informations sur l’état des effectifs et évoque un déni de démocratie.  En novembre dernier la Commission d’évaluation et de contrôle de l’Assemblée de Corse dirigée par Marie-Antoinette Brunelli-Santoni a présenté un rapport devant l’assemblée de Corse, plutôt rude pour les tenants des petites affaires entre amis :  »le contrôle de légalité n’est pas toujours respecté, plus grave encore, des créations d’emplois (57 depuis 2010) n’ont pas été validées par l’assemblée de Corse. « Nous avons constaté que des postes ont été créés, mais qu’aucune délibération de l’assemblée de Corse ne garantissait ces emplois. » Marie-Antoinette Brunelli-Santoni précise :  »J’ai dénoncé le problème. Le président de l’exécutif s’est engagé à mettre les choses à plat. Et depuis, plus rien… J’ai visiblement soulevé un lièvre difficilement gérable pour l’exécutif. Depuis six mois, je sollicite des rendez-vous avec le président de l’exécutif, en vain. On botte en touche constamment. Je suis pourtant persuadée qu’en ces temps de crise et de violence, il est plus que jamais vital de respecter certaines règles ». Et oui monsieur Luciani, ce n’est pas un non événement.

Remboursement par la SNCM de 220 millions d’euros d’aides publiques

Autre actualité, hier la Commission européenne a porté un rude coup à la SNCM en lui demandant de rembourser, d’ici la fin août, 220 millions d’euros d’aides publiques. Bruxelles a estimé que les compensations de service public reçues de 2007 à 2013 par la SNCM et son partenaire, la CMN, pour la desserte «de base» entre la Corse et Marseille, étaient conformes aux règles de l’UE. Au moment où la SNCM doit signer une nouvelle délégation de service public (DSP) pour la période 2014-2020, «c’est une bonne nouvelle pour la pérennité de cette liaison maritime», a souligné devant la presse un porte-parole de la Commission, Olivier Bailly. Bruxelles, saisi en 2007 par le groupe italien Corsica Ferries, principal concurrent de la SNCM, a jugé qu’elles ne compensaient aucun besoin réel de service public et ont donc procuré un avantage indu à la SNCM, chiffré à 220 millions d’euros sur 2007-2013. Montant à restituer sous quatre mois à la collectivité corse.

Nous n’allons pas épiloguer sur cette affaire, qui est loin d’être finie. En revanche nous notons la réaction de Paul Giacobbi sur son blog :  »Pour autant, conclure que la SNCM est « condamnée » à rembourser à l’Office des Transports de la Corse et dans un délai de quatre mois une somme de plus de 200 millions d’euros paraît tout à fait prématuré et sans aucun doute excessif. En effet, ce n’est pas parce qu’une décision publique est reconnue après coup illégale que l’intégralité des sommes qui ont été versées doivent être remboursées. Si l’arrêté nommant un fonctionnaire est annulé des années après qu’il ait été signé parce qu’il comporterait un élément d’illégalité, ce n’est pas pour autant que le fonctionnaire devra rembourser les salaires qui lui ont été versés pour la bonne et simple raison qu’il a travaillé et qu’il mérite paiement pour, comme le dit la jurisprudence, le « service fait ». De même, quand un marché public est annulé pour illégalité parfois longtemps après que les travaux aient été réalisés, l’entreprise n’est pas amenée à rembourser l’intégralité de ce qui lui a été versé car elle a réalisé ces travaux qui doivent donc lui être payés. Dans les deux cas, il peut subsister une différence entre le service qui a été fait et ce qui a été payé, mais cette différence est souvent relativement faible. Dans le cas présent, la SNCM a effectué un service à la demande de la collectivité territoriale et par conséquent ce service doit être rémunéré, même si ce n’est peut-être pas au même niveau que celui auquel il a été payé. Dans ces conditions, il appartiendra sans doute à la Cour de Justice de l’Union européenne de trancher sur ce qui doit être éventuellement remboursé. Cette décision ne sera pas immédiate et la procédure prendra sans doute plus d’une année. »

Le blog de Paul Giacobbi, toute une littérature. De Margareth Thatcher au conclave du pape en passant par le billet qui désigne la banque centrale du Japon, le Président de l’Exécutif de l’assemblée de Corse a un avis sur tout, et il l’écrit. Il nous éclabousse de son savoir érudit à longueur d’article. On en vient à se demander quand est-ce que ce brave homme travaille. Peut-être qu’au lieu de réfléchir au devenir de Guantanamo, le chef du gouvernement insulaire devrait avoir une réflexion sur ses propres prisons, celles de sa cité, celles de ses mandats (trop nombreux), celles de son esprit, celles qui mènent chaque jour un peu plus la Corse vers sa faillite. La déclaration de Patrimoine toujours sur le Blog en question ne laisse apparaître aucun enrichissement personnel. Paul Giacobbi n’est apparemment pas vénal, non il est fragilisé par le grand banditisme, fragilisé par ses combats politiques et surtout fragilisé par Paul Giacobbi.

Santoni-Brunelli (Magà Ettori - Blog)

Corse, les mafieux sont dans la place

INTERSYNDICALE CINEMA CORSELes membres de l’Intersyndicale du Cinéma Corse furieux viennent d’apprendre que Le Pôle Concurrence, Consommation, et Répression des Fraudes de la DIRECCTE de Corse était dans l’incapacité de poursuivre la Collectivité Territoriale de Corse dans le cadre de pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la production audiovisuelle en Corse. La DIRECCTE précisant dans un courrier :  »En effet, si les personnes publiques font partie des personnes concernées par la prohibition des ententes, puisque selon l’article L.420-1 du Code de commerce, les règles définies par la loi « s’appliquent à toutes les activités de production, de distribution et de service, y compris celles qui sont le fait de personnes publiques (…) », encore faut-il que ces personnes publiques se livrent à ces activités « de production, de distribution et de service » pour que de tels actes, détachables de leur mission, ressortissent à l’Autorité de la concurrence et au juge judiciaire. Or, il a été jugé à plusieurs reprises que l’attribution d’aides ou de subventions par une personne publique ne sont pas des actes de production, de distribution ou de service au sens du droit de la concurrence. »

MAGA ETTORI - CONTRE LA CENSURE

Aujourd’hui, un élu a été tué de plusieurs balles alors qu’il roulait en voiture entre l’aéroport Napoléon-Bonaparte et Ajaccio. Maire depuis 1977 du village de Letia et récemment réélu à la présidence du Parc naturel régional de Corse (PNRC), Jean-Luc Chiappini est le troisième notable tué à Ajaccio en à peine plus de six mois, après l’assassinat de l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats Antoine Sollacaro, le 16 octobre, et celui du président de la chambre de commerce et d’industrie de Corse-du-Sud Jacques Nacer, le 15 novembre. Après l’assassinat du Président de la Chambre de Commerce de Corse du Sud, le Ministre de l’Intérieur et la Garde des Sceaux s’étaient nuitamment précipités en Corse. Sans doute que l’énorme retentissement médiatique en France nécessitait à lui seul le voyage. Christiane Taubira, la garde des sceaux s’était montrée très ferme : « La Corse (…) ce n’est pas un territoire à part où l’on accepterait les meurtres et la violence ». Certaines pratiques, et certains scores aux élections sont révélateurs de l’effondrement de la démocratie dans l’île. La violence n’est que le corolaire de la crise politique et morale que subit la Corse depuis des décennies. Manuel Valls dans un coutumier exercice de communication a naturellement fustigé l’omerta corse au micro d’Europe 1 :  »Je demande à tout le monde, aux élus, aux responsables économiques, aux Corses en général, de se mobiliser ! Nous sommes obligés d’agir avec les moyens de loi mais en même temps en se mobilisant. Ca veut dire parlez, arrêtez de vous taire ! »  Il plaisante ? Ces trois dernières années, tous les professionnels liés à l’Intersyndicale du Cinéma Corse n’ont cessé de dénoncer la corruption dans la filière audiovisuelle cinéma. Afin d’alerter l’opinion publique, j’ai démissionné de ma fonction de Conseiller audiovisuel cinéma auprès Conseil Economique Social et Culturel Corse. Pour moi comme pour les autres professionnels les sanctions ont été lourdes. Nous avons dénoncé un système mafieux et corrompu et avons payé très cher notre fronde. Les pressions ont été innombrables contre les membres de l’Intersyndicale qui ont réagit par diverses actions en justice et autres. Les exemples ubuesques ne manquent pas : une plainte a été déposée au commissariat de Bastia. Plusieurs mois plus tard les services de police ont fait savoir que la plainte était recevable, mais que le temps qu’elle arrive au commissariat d’Ajaccio le fait était prescrit. Une nouvelle plainte a été déposée en mars 2012, au commissariat d’Ajaccio (toujours pas de suites à ce jour). Monsieur Patrick Strzoda, Préfet de Corse a été saisi à son tour sans résultats. Lors de la venue dans l’île de François Hollande, alors candidat à la Présidentielle, un dossier lui a été remis par un membre de L’Intersyndicale du Cinéma Corse, sans résultats. Les dirigeants de l’Intersyndicale du Cinéma Corse ont rencontré les principaux élus insulaires, y compris le Président de l’Assemblée de Corse, sans résultats. Ces élus ont unanimement désigné le président de l’Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse comme seul et unique interlocuteur. La réponse de la DIRECCTE prouve bien le désengagement ou l’impuissance de l’Etat dans ce dossier. Le marché en question ? 20 millions d’euros en 10 ans alors que la filière est en ruine et le cinéma corse est inexistant. Dans un Etat de droit, qu’un ministre de l’Intérieur demander l’aide de la population pour retrouver des tueurs dans une île qui compte un gendarme ou policier pour 100 habitants – record de France – en dit long sur l’impuissance des autorités à endiguer la dérive criminelle en Corse. Par voie de conséquence, et pour ne pas exposer davantage nos membres nous avons décider de dissoudre notre organisme professionnel.  La Corse est en coupe réglée, dans tous les secteurs. Nous n’y croyons plus. Oui, nous, corses, professionnels, citoyens, avons lutté contre l’affairisme et les pratiques amorales et mafieuses. On nous censure, nous estimons être allés au bout de notre mission.