Levé de l’immunité parlementaire du sénateur de Haute-Corse, le système Giacobbi s’effondre

constructionLe bureau du Sénat a levé aujourd’hui l’immunité parlementaire du sénateur de Haute-Corse Joseph Castelli très proche du clan Giaccobi et visé par une enquête judiciaire. Joseph Castelli est soupçonné d’avoir fait réaliser des travaux dans sa résidence principale (révélation du Canard enchaîné).  Paul Giacobbi lui-même (président du Conseil Exécutif de Corse et député de Haute-Corse, a été mis en examen avec seize autres personnes pour détournement de fonds publics, dans l’affaire dite des gîtes ruraux. Son bras droit Thierry Gamba-Martini (directeur général des services de la Collectivité Territoriale de Corse) placé sous le statut de témoin assisté par le juge bastiais à l’issue de son audition dans la fameuse affaire des gîtes ruraux. Henri Malosse (30e président du Comité Economique et Social Européen) après son éviction de la liste de Paul Giacobbi, met en lumière les méthodes de Mimi Viola homme de l’ombre du clan Giacobbi. Oui le système Giacobbi prend l’eau de toute part, et oui la démocratie en sortira gagnante. En attendant, Joseph Castelli suit les traces de son mentor. On connait les problèmes liés au BTP en Corse et les politiques en subissent sans doute les affres. Ils ont déjà une épée de Damoclès sur la tête alors autant avoir un bon toit également (cher si possible). Oui le BTP va vraiment mal en Corse et l’entretien de certaines villas et gîtes méritent beaucoup d’attentions en attendant le nouveau PADDUC (Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse). La justice soupçonne le proche de Giacobbi d’avoir détourné des fonds publics à l’occasion de travaux réalisés dans sa villa. Président du Conseil Général de haute Corse de 2010 à 2014, ou il assumait un long intérim en attendant le retour du boss (cumul des mandats oblige),  Joseph Castelli  a été confronté à toutes les affaires sordides liées au Conseil Général comme l’enquête sur des détournements présumés de fonds publics (2M€ pour des préservatifs pour les maisons de retraite), le financement de gîtes ruraux, l’assassinat de Jean Leccia (directeur Général des Services au Conseil Général), ou encore l’affaire de détournements de fonds publics d’une mystérieuse association d’aide aux jeunes errants fondée en 2008, qui a disparu en 2013. Entre temps, cette structure aurait perçu près de 700.000 euros d’aides du Conseil général de la Haute-Corse. Une bagatelle dira Paul Giacobbi au Parisien. Sur la dernière affaire, Le Canard Enchaîné évoque un chantier de plus d’une centaine de milliers d’euros, pour la villa de Joseph Castelli, une somme qui doit sembler mineure et anecdotique à Paul Giacobbi (https://magaettori.wordpress.com/2015/04/22/paul-giacobbi-vs-anticorruption-les-480000e-et-les-700000e-sont-mineurs-et-anecdotiques/). Joseph Castelli c’est l’ascension classique avec le soutien du clan Giacobbi : premier adjoint de Penta di Casinca en 1977, Conseiller Général du canton de Vescovato en 1982, maire de Penta di Casinca la même année, avant le remplacement de Paul Giacobbi en qualité de président du Conseil général, ce qui permet au Boss de récupérer le fief de l’Assemblée de Corse – sans rien perdre – et de faire fonctionner le Paul-emploi et le pôle bâtiment sur chaque institution, voir de payer les frais de justice. Le Conseil Départemental de Haute Corse, qui s’était déclaré favorable à l’octroi d’une aide destinée à couvrir les frais d’avocat et de justice de Paul Giacobbi pour sa mise en examen dans le cadre de l’affaire des Gites ruraux, va devoir voter une nouvelle aide destinée à couvrir les frais d’avocat pour l’affaire de la villa de Joseph Castelli ? Décidément, il n’y a plus aucune construction qui vaille de nos jours… tout s’effondre. Et des fois c’est pas pire !

 

Autant en emporte la brise

Girouette Corsica (Magà Ettori - Blog)Edgar Faure disait :  »Ce n’est pas la girouette qui tourne c’est le vent ». Le souffle du vent, dans le cas de Paul Giacobbi ressemblerait davantage à celui du canon. Il s’agit bien entendu d’une nouvelle affaire judiciaire à mettre à l’actif déjà chargé de Paul Giacobbi, que relate le Canard Enchaîné : Paul Giacobbi soupçonné d’ emploi fictif en Haute-Corse Paul Giacobbi n’a pas été inquiété par le procureur de Bastia dans l’affaire d’emploi fictif visant l’une de ses anciennes salariées au conseil général. Paul Giacobbi, élu PRG ( Parti Radical de Gauche) et président du Conseil exécutif de Corse, n’a pas été inquiété par le procureur de Bastia dans l’affaire d’emploi fictif visant l’une de ses anciennes salariées au conseil général de Haute-Corse. En effet, une ancienne salariée de Paul Giacobbi au conseil général de Haute-Corse devra comparaître au tribunal correctionnel de Bastia le 27 mai pour recel de détournement de fonds publics, pour un montant de près de 70 000 euros. D’après le Canard enchainé, cette ancienne collaboratrice d’ Emile Zucarelli ( PRG) avait été recasée au conseil général de Haute-Corse, alors présidé par Paul Giacobbi, après la défaite de Zucarelli aux législatives de 2007. Dominique Alzeari, procureur de la République de Bastia, avait ouvert une enquête préliminaire auprès de la police judiciaire et avait également saisi le SCPC ( Service central de prévention de la corruption). L’avis rendu par le SCPC conclu que « Les fonds versés à Madame L. par le conseil général de Haute-Corse, de juillet 2007 à octobre 2011, l’ont donc été à des fins étrangères à celles prévues par la loi. Ces faits pourraient constituer dès lors un détournement de fonds publics« . Cet avis met directement en cause Paul Giacobbi en tant qu’ « ordonnateur des dépenses du département et donc des dépenses liées à l’embauche et à la rémunération de Madame L. ». Même refrain dans les conclusions de l’enquête de la police judiciaire: « Sous réserve de l’appréciation du magistrat mandant […] les éléments matériels constitutifs de l’infraction de détournement de fonds publics sont réunis .[…] Paul Giacobbi et Joseph Castelli pourraient voir leur responsabilité engagée pour des faits de détournement de fonds publics. » Finalement, le procureur de Bastia n’a même pas daigné interroger Paul Giacobbi dans cette affaire. Le canard enchainé rappelle que Paul Giacobbi n’a jamais été entendu par les enquêteurs dans l’affaire « des gîtes ruraux », dans laquelle le conseil général de Haute-Corse présidé par Giacobbi aurait attribué près de 500 000 euros de subventions publiques à des proches… Comme elle est sage la pensée populaire qui précise que celui qui sème le vent récolte la corruption.