Joseph Castelli, une mise en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption électrique

constructionJoseph Castelli, le sénateur de Haute-Corse inscrit au groupe RDSE (à majorité PRG), a dans un premier temps été mis en garde à vue au commissariat de Bastia où il est entendu par les enquêteurs du groupe financier de la police judiciaire concernant les conditions d’acquisition et de travaux réalisés dans sa villa de Folelli, puis mis en examen pour recel d’abus de biens sociaux et corruption. Le proche successeur de Paul Giacobbi, à la tête du Conseil Général de Haute-Corse avait vu son immunité parlementaire levée fin octobre par le bureau du Sénat (https://magaettori.wordpress.com/2015/10/29/leve-de-limmunite-parlementaire-du-senateur-de-haute-corse-le-systeme-giacobbi-seffondre/). Il est auditionné sur commission rogatoire d’un juge d’instruction du pôle économique et financier de Bastia. Les investigations portent – notamment – sur des soupçons de recel d’abus de biens sociaux au sujet d’une villa construite à Folelli. Une personne, faisant partie de l’environnement familial de Joseph Castelli, est également en garde à vue. En électricité  le fusible (abrégé de coupe-circuit à fusible) est un organe de sécurité dont le rôle est d’ouvrir un circuit électrique lorsque le courant électrique dans celui-ci atteint une valeur d’intensité donnée pendant un certain temps. Son nom vient du fait qu’il fonctionne par fusion d’un filament conducteur, sous l’effet de l’élévation de température provoquée par la surintensité. Un fusible a pour fonction la protection d’un circuit d’alimentation vis-à-vis de court-circuits ou de surintensités générées par une défaillance de la charge alimentée. Cette protection permet dans le cas général de garantir l’intégrité et la possibilité de remise en service du circuit d’alimentation, une fois le défaut éliminé, d’éviter les conséquences potentiellement catastrophiques qu’engendrerait une surintensité durable ou un court-circuit. Pour avoir une bonne visibilité de la politique en Corse il suffit de remplacer par des noms les termes :  »fusible, circuit électrique, surintensité, défaillance de la charge alimentée » mais surtout de déterminer qui est le circuit d’alimentation ? Mais revenons à Joseph Castelli qui a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire contre une caution de 200.000 € (le prix de l’expo Reza Deghati). Joseph Castelli a été mis en examen mercredi pour recel d’abus de biens sociaux et corruption, sur commission rogatoire du juge Thomas Meindl, du pôle économique et financier de Bastia. L’épouse de Joseph Castelli ainsi que trois entrepreneurs de la région seront également présentés au juge dans cette même affaire. Un climat décidément bien électrique dans le clan Giacobbi.

Homophobie, une nouvelle religion

caroline Fourest« Si je pouvais tuer une personne (sans être sanctionné), ce serait Caroline Fourest. Cette femme est méprisable. » écrivait sur son compte twitter un jeune membre du FN. Il n’est pas le seul à avoir des rêves de mise à mort. Hier quand des militants contre le mariage gay ont pris pour cible la journaliste Caroline Fourest, alors qu’elle participait à un débat à Nantes avec l’écrivain Tahar Ben Jelloun et le député Jean Glavany sur le thème  »Vers un islam moderne ? ».

Les militants contre le mariage gay se sont infiltrés dans l’amphi de la Cité des Congrès, et se sont levés dès la première prise de parole de la militante féministe, connue pour ses positions en faveur du mariage pour tous. Ils ont été expulsés de la salle manu militari. Les manifestants se sont ensuite rendus à la gare, où Caroline Fourest devait reprendre le train pour Paris. Là des affrontements avec les forces de l’ordre on eu lieu, bloquant pendant quarante minutes le train en partance pour Paris, un prêtre en soutane à leur tête.

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Mais que venait faire Torquemada dans cette galère ? Désolé de faire le parallèle mais la dernière fois qu’un homme d’église a fait parler de lui dans la presse c’était pour des affaires de pédophilie, il s’agissait du cardinal de Los Angeles Roger Mahony dont l’archevêché a versé en guise de règlement à l’amiable un montant de 660 millions de dollars pour indemniser quelque 500 enfants victimes d’abus sexuels. Le cardinal Mahony qui était alors archevêque, avait entre autre laissé un prêtre, le révérend Michael Baker, poursuivre ses activités alors même qu’il avait avoué en 1986 avoir abusé de mineurs et condamné à dix ans de réclusion.

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En février dernier, la justice américaine a eu accès à de nouveaux documents internes à l’Eglise catholique, qui montrait une gestion scandaleuse de la part de plusieurs responsables catholiques face à des affaires d’abus sexuels impliquant une centaine de religieux. Les scandales de pédophilie aux Etats-Unis ont provoqué une crise sans précédent dans l’Eglise et contraint plusieurs diocèses à la faillite, après le paiement d’indemnités versées à des milliers de victimes.

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Contraint par la révélation de scandales en Irlande et en Allemagne, déjà Benoît XVI s’était efforcé de changer les règles et les mentalités face à ces affaires, mais il s’est heurté à des résistances de la part de certains responsables, soucieux de protéger l’image de l’Eglise, et notamment le doyen des cardinaux, Angelo Sodano. Le Vatican a indiqué début février recevoir encore quelque 600 plaintes par an, pour des faits remontant principalement aux années 60, 70 et 80, à travers le monde. Deux-tiers des 112 conférences épiscopales auraient désormais mis en œuvre des procédures spécifiques pour lutter contre les abus sexuels.

Convention de développement cinématographique et audiovisuel

Collectivité Territoriale de Corse - L'HOMME LE PLUS MAFIEUX DE CORSE EST UN HOMMEUn vrai gag, limite fumisterie, l’intervention à la dernière session de l’Assemblée de Corse de Fabiana Giovannini (Femu a Corsica) concernant le Rapport n°193 (le petit frère du rapport n°116 : qui fait état de la convention d’application financière 2013 relative à la convention de développement cinématographique et audiovisuel 2011/2013 entre l’Etat, la Collectivité Territoriale de Corse et le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée), nous semble d’une grande cohérence, et d’une vraie lucidité. Sauf pour les bilans clairs remis l’Exécutif et ses services qui donnent  »une bonne idée de la santé de la filière, de ses projets, de ses réalisations ». Ou alors c’est de l’humour au 33e degrés.

Filière cinéma en Corse

« Nous remercions l’Exécutif et les services pour ce rapport, les bilans clairs qui nous donnent une bonne idée de la santé de la filière, de ses projets, de ses réalisations. C’est un secteur bouillonnant de créativité qui confirme ce que nous ne cessons de rabâcher depuis le début de la mandature chaque fois que possible, à savoir qu’au lieu de se cantonner à la marge de l’économie corse il peut en devenir  un pilier, en tous les cas un secteur d’avenir que notre groupe juge pour l’heure insuffisamment accompagné. Et par accompagnement je ne parle pas seulement des aides financières qui peuvent être parfois conséquentes, mais aussi d’une réflexion générale qui permette de mieux structurer le secteur  afin de faire de notre île une « île référence ». Nous disposons d’un plateau de cinéma exceptionnel qu’est notre environnement et qu’offre notre climat. Cela n’est pas suffisamment perçu. C’est à nous d’en faire la campagne, d’agir pour mieux structurer les outils de productions, pour former, pour donner ce premier coup de pédale qui va lancer une dynamique générale pourvoyeuse d’emplois qualifiés, mais aussi porteuse d’images positives pour la Corse. C’est à nous aussi d’agir sur la création en orientant les choix des producteurs par des aides incitatives et par un échange continu avec la profession, sur ses problèmes, ses attentes, ses besoins. Toute cette réflexion et l’action qui s’en suit n’est possible que s’il existe un espace pour débattre des problèmes, élaborer un projet d’ensemble, anticiper aussi sur des choix qui pourraient être négatifs ou positifs pour l’image de notre île, prendre le pouls régulier de la filière. Or, à ce sujet, nous avons un peu le sentiment de parler dans le vide depuis le début de la mandature. Parce que cet espace existe pour élaborer cette réflexion en commun avec tous les acteurs de la profession d’une part, et les élus d’autre part ; il s’agit du Comité de suivi de la filière, mis en place en début de mandature puisque notre groupe a désigné ses propres représentants, mais qui ne s’est jamais réuni. Nous vous avons relancé à plusieurs reprises à cet effet, vous nous avez approuvé, sans pour autant donner suite. Pourquoi ? Quel est votre sentiment à ce sujet ? Il y a peut être un problème que nous n’avons pas perçu. Eclairez-nous ! L’Exécutif ne perdrait aucune prérogative, la filière y gagnerait en coordination et cohérence et en sentiment d’être consultée, et notre région disposerait de cet espace à même de donner davantage de sens aux orientations du secteur et davantage de dynamique économique aussi. Un exemple illustre parfaitement mon propos. Le changement de procédé dans l’attribution des subventions qui apparaissait dans le rapport initial. À ce sujet, nous avons interrogé en commission les services qui nous ont dit :

– qu’il n’y avait pas d’abus constatés de la part des projets aidés qui ont bien été conduits à leur terme.

– Que les contrôles effectués avant et après étaient bien faits par un « Comité technique indépendant ».

– Que nos attributions (et c’est précisé en clair dans votre rapport) sont conformes au droit européen.

Alors pourquoi dans un premier temps avoir voulu modifier ces règles ? Heureusement, nos remarques et celles de la profession qui ont du vous remonter depuis je susppose, vous ont fait revoir les choses au travers des amendements proposés aujourd’hui. Ouf ! Car cette décision d’inverser la logique de versement des aides entre le premier acompte et le règlement du solde, aurait pu se révéler en effet néfaste en mettant à mal les trésoreries des sociétés de production et donc en freinant leur capacité créative. C’est à dire que c’est la dynamique économique et culturelle de la filière toute entière qui aurait été mise à mal. Donc nous accueillons favorablement vos amendements, quoique nous aurions préféré maintenir les conditions du précédent exercice pour ces mêmes raisons. Je rappelle que le premier acompte s’élevait précédemment à 75%. Ceci dit, notre groupe juge vos amendements insuffisants sur un poste. C’est pourquoi nous proposons nous aussi un sous-amendement concernant l’aide à l’écriture et au développement. En effet on est là dans un domaine technique. L’aide au développement nécessite une grosse impulsion dès le départ car les frais qu’ils requièrent sont importants. Il faut des avances fortes. Et l’on retrouve les difficultés de trésorerie dont je vous parlais tout à l’heure. Nous vous demandons donc, afin de ne pas fragiliser la filière sur ce point particulièrement délicat de l’aide au développement où les besoins sont grands, de fixer le pourcentage de premier acompte à 60% avec un solde en fin de travaux, sur justificatifs bien sûr (encore une fois le premier acompte était de 75% précédemment). Nous voudrions aussi attirer votre attention sur ce solde des aides versées en fin de travaux. Nos procédures sont longues, très longues, et il ne faudrait pas constater les mêmes difficultés rencontrées par les associations aujourd’hui. Vous le savez, certaines associations voient leurs aides honoré un an, parfois un an et demi après l’événement réalisé ! Ce qui les met dans des difficultés inextricables, les structures s’endettent et finissent par licencier et donc renoncer l’année suivante aux évènements qu’elles avaient réussi à pérenniser ! Nous vous demandons de veiller à ne pas rentrer dans ce travers avec les sociétés de production audiovisuelle. Le résultat immédiat serait un affaiblissement de leurs trésorerie, donc une remise en cause des projets. Tout le contraire de ce que notre groupe vous demande depuis le début de notre mandature à savoir mener une action offensive pour dynamiser la filière. Alors, merci de veiller à ce type de dérives, merci pour les amendements proposés et s’il vous plaît, Monsieur le président, acceptez notre amendement afin de ne pas trop affaiblir cette filière qui plus est dans une période de crise qui ne peut qu’aggraver leur fragilité. Nous vous remercions. »

 

Ciao Tony Soprano

James Gandolfini (Magà Ettori - Blog)

Je me suis mis très tard aux série TV, et la première que j’ai vu c’était Soprano. James Gandolfini alias Tony Soprano pendant six saisons, est décédé hier d’une crise cardiaque à Rome. Ciao, ciao padrino !

Le parcours de James Gandolfini

Cette série saluée comme le meilleur programme de l’histoire de la télévision, a eu pour effet de mettre en lumière tout le talent de James Gandolfini. Né en 1961 dans le New Jersey au sein d’une famille italo-américaine, James Gandolfini commence à jouer dans des pièces de théâtre dès le lycée. A l’université, tout en étudiant la communication, il travaille comme videur dans un pub de la fac et comme barman. En 1993, on le remarque, dans la peau du tueur mafieux Virgil dans  »True Romance » de Tony Scott sur un script de Quentin Tarantino. Il collabore de nouveau avec Tony Scott dans  »USS Alabama » (1996) où il tient le rôle d’un officier de sous-marin dissertant sur les meilleurs films du genre. Il enchaîne les rôles  »Get Shorty »,  »She’s So Lovely »,  »8 mm », généralement de tueur italo-américain costaud. C’est en 1999 qu’il est engagé pour tenir le rôle principal de la série Les Soprano grâce à son rôle dans  »True Romance », celui de Tony Soprano, boss mafieux implanté dans le New Jersey. Du sur mesure. Après une crise d’angoisse, Tony va suivre une psychothérapie qui va changer sa vie.

Réaliste, drôle, vivante, sorte de pendant des  »Affranchis » (avec un caméo de Martin Scorsese et tous les acteurs des Affranchis), la série connut un succès mondiale, une audience incroyable et un retentissement critique peu commun. James Gandolfini remporta avec ce rôle un Golden Globe, un Emmy Award et trois Grammy Awards à James Gandolfini. La série s’arrêta en 2007 à sa sixième saison. Depuis, on l’a vu au cinéma dans  »L’Attaque du métro 123 » (2009),  »In The Loop » (2009),  »Max et les Maximonstres » (2009),   »Welcome to the Rileys » (2010)…

Tony Soprano (Magà Ettori - blog)Il a produit deux documentaires :  »Alive Day Memories : Home from Iraq » (2007) sur les vétérans d’Irak, et  »Wartorn » : 1861-2010 (2010) qui analyse le traumatisme des soldats américains de retour de guerre, depuis la Guerre de Sécession. Il y a un an on l’a remarqué au Festival de Cannes dans le rôle de Cogan pour  »Killing them softly » avec Brad Pitt, puis en boss de la CIA dans  »Zero Dark Thirty ». Dans l’un de ses derniers films,  »Not Fade Away », premier long-métrage de David Chase (décembre 2012, inédit en France), il jouait le père du héros, un jeune homme rêvant de rock dans le New Jersey des années 60. Le Boss, Tony Soprano a réussit à décrocher sa place de Capo del Capi, méchant des méchants, chef des affreux, dans le très convoité Panthéon du 7eme art, et à rendre immortel le fabuleux James Gandolfini.

Instauration de la co-officialité de la langue corse et du français

Résultat de recherche d'images pour "o ma parlami corsu"L’instauration de la co-officialité de la langue corse et du français, c’est fait. Au terme de deux jours de débats et sous les applaudissements d’une Assemblée de Corse debout s’est terminé le débat sur le nouveau statut de la langue corse. Les propositions pour un statut de co-officialité et la revitalisation de la langue corse présentées par le Conseil exécutif de la Collectivité territoriale ont été approuvées par 36 des 51 voix de l’assemblée. Onze Conseillers Territoriaux, de droite comme de gauche, n’ont pas participé au vote et quatre se sont abstenus. Alors que 112 amendements avaient été présentés pour modifier le texte original, celui-ci a finalement été adopté à peu près dans son état initial, à l’usure. Ce dispositif prévoit l’utilisation de la langue corse dans tous les domaines de la vie publique, économique et sociale (éducation, services publics, médias). Visant à protéger, encourager et normaliser l’usage du corse dans tous les domaines et garantir l’emploi officiel du français et du corse à parité, il prévoit aussi un vaste plan de formation, notamment des personnels de la fonction publique.

corse matin langue corseCréée en 1990, l’Association pour la Sauvegarde et l’Expansion de la Langue Française (Asselaf) composée de Prix Nobel, membres de l’Académie Française et des Instituts et d’autres personnalités), s’est fixé pour but de promouvoir toutes les réflexions et actions permettant d’améliorer l’enseignement de la langue française, d’assurer l’expansion et le rayonnement de cette langue dans les pays francophones et dans le reste du monde. La très sérieuse Asselaf dresse un constat angoissant du sort politique fait à la langue française en France :  »Langue de la République » (art. II de la Constitution), le français est une condition du vivre ensemble national et républicain, et, selon les sondages récents, il est pour 80 % de nos concitoyens un des principaux piliers de l’ » identité nationale ». Or, le français est aussi gravement menacé chez nous qu’au Québec, en Afrique francophone, en Wallonie ou en Suisse romande. Il l’est moins par l’air du temps, contre lequel il pourrait se défendre seul, que par une politique linguistique menée surtout par de grandes entreprises françaises avec l’appui de milieux politiques, certes européens et transatlantiques, mais d’abord hexagonaux. Après Michel Serres, observant qu’  »il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation », le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues. L’heure est donc venue pour l’Asselaf d’appeler tous les citoyens à la résistance linguistique. (SIC) »

L’instauration de la co-officialité de la langue corse et du français, c’est fait… mais pour combien de temps ? Quand les embrassades, les félicitations et les effets d’annonces auront fini de choquer l’hémicycle de la Collectivité Territoriale de Corse, il faudra que quelqu’un se rappelle que contrairement à l’engagement de campagne pour l’élection présidentielle du candidat François Hollande, la France a récemment refusé de ratifier la charte européenne des langues minoritaires, et que l’instauration de la co-officialité de la langue corse et du français a de forte chances d’être invalidée par le Conseil Constitutionnel.