André Santini rend hommage à Edmond Simeoni

Magà Ettori - André Santini

André Santini (ancien ministre, maire d’Issy-les-Moulineaux & vice-président de la Métropole du Grand Paris) a rendu un hommage appuyé à Edmond Simeoni en insistant sur sa passion pour la Corse, et son engagement pour la non-violence :

Mesdames et messieurs, chers compatriotes, je tenais à rendre un hommage appuyé au Docteur Edmond Simeoni qui nous a quittés le 14 décembre dernier. Suite à cette disparition, notre île a perdu un de ses plus ardents défenseurs et un de ses plus fervents admirateurs. Si des milliers de nos compatriotes ont patienté une heure durant devant l’église saint Roch de Bastia pour un dernier hommage à Edmond Simeoni, c’est bien parce qu’ils ont reconnu comme vous l’engagement sans compter de cette figure impérissable de la Corse qui a incarné notre île. Il faisait partie de ces fils que la terre de Corse s’honore de compter. Son dynamisme naturel son militantisme, acharné déconcertait les uns quand il impressionnait les autres. Combattant infatigable des injustices qui lui paraissaient insupportables il porta des engagements humanistes, altruiste et parmi les premiers écologistes.

Héraut et porte-voix de la Corse, il chercha toujours à protéger les intérêts de notre île et de ses habitants, s’inscrivant naturellement dans les grands noms de notre fière et belle île. Ils furent nombreux ces grands personnages qui jalonnèrent notre histoire et qui voulurent arborer le blason à tête de maure. Il y eut Sampiero Corso, le colonel français qui défiât les génois, il y eut le baron Theodore de Neuhoff – éphémère roi de Corse qui soutint les insurgés. Il y eut Pascal Paoli, fervent défenseur e la démocratie et du progrès, il y eut enfin bien sûr Napoleone Bonaparte, il y a désormais Edmond Simeoni, cet enfant du Niolu qui fort de son histoire et  de son expérience, proclama en 2005 : « ceux qui ont choisi la violence, n’ont aucun avenir ». Chers amis, nous tous sommes réunis ici pour rendre hommage à Edmond, nul ne peut affirmer que son regard averti sur l’évolution et les pérégrinations de la Corse, son amour des particularismes patrimoniaux et régionaux, son admiration pour notre accent chantant et nos cœurs polyphoniques ne viendront pas  à nous manquer. Edmond Simeoni incarnait viscéralement la Corse, son terroir, sa culture son franc-parler mais aussi sa générosité. Avec lui nous avons perdu un frère, et un pan de notre histoire s’est refermé. Soyons dignes des combats et de son héritage.