Justice !

maga-ettori-campagne-contre-la-corruptionLa période de règne de Paul Giacobbi en Corse a été, pour nous, synonyme de coups de gueules et coups de sang (voire coups de poings). Ce règne de l’injustice s’échoue misérablement aujourd’hui avec la condamnation du député de la Haute-Corse Paul Giacobbi condamné à trois ans de prison ferme pour détournement de fonds publics, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité par le tribunal correctionnel de Bastia dans l’affaire dite des gîtes ruraux de Haute-Corse. Pour Nicolas Bessone, procureur de la République de Bastia, ce détournement a été réalisé « dans des proportions jamais atteintes » en Corse. Monsieur le procureur a le sens de l’humour. L’affaire des gîtes ruraux n’est qu’un épiphénomène, la réalité est plus vaste, et plus globale. Telle un cancer, année après année la pieuvre a mis la main sur l’économie dans sa globalité, mêlant affaires louches et affaires saines. Ses tentacules ont saisi tout ce qu’elles pouvaient saisir. Avec la bienveillance des pouvoirs publics ? J’en veux pour preuve l’investigation que nous avons menée dans le secteur de l’audiovisuel et du cinéma, corrompu par un système clientéliste, détournant à tour de bras les subventions au profit de quelques amis « producteurs ». Ce système là nous l’avons dénoncé, dans les médias, auprès de la répression des fraudes, dans les réseaux sociaux et dans l’hémicycle de la Collectivité de Corse. A l’époque je représentais un groupement de professionnels, et j’avais été élu en qualité de Conseiller Cinéma au grand dam de l’équipe Giaccobi. LE vote du budget a rapidement donné lieu à des échanges tendus et j’ai eu une vive altercation avec Thierry Gamba-Martini l’ex-directeur général des services au conseil général. Mon refus de signer le budget avait provoqué son courroux. Quand je lui ai expliqué que je ne pouvais pas valider un budget douteux, réalisé par des personnes à la moralité douteuse, récemment mises en examen, sa seule réponse fut de me dire que ce n’était pas parce que quelqu’un était mis en examen qu’il était forcement coupable, et condamné. Allons monsieur Thierry Gamba-Martini, arrêtons de prendre les gens pour des idiots. Vous étiez tellement certain de votre impunité et de la réélection de Paul Giacobbi à la tête de la Collectivité de Corse, que vous avez omis de retirer certaines preuves accablantes de votre bureau. Il aura fallu du temps, mais vous voilà, monsieur Thierry Gamba-Martini, condamné à deux ans de prison avec sursis et à 10 000 euros d’amende. Une bien mince condamnation de mon point de vue. Le procureur vous a reproché « un grand détournement par négligence », laissez-moi rire, ce n’était pas de la négligence mais de l’orgueil, défaut que vous partagez avec votre patron. Ainsi, selon la justice, Paul Giacobbi aurait été le principal bénéficiaire d’un système clientéliste au préjudice du département de la Haute-Corse, qu’il a présidé de 1998 à 2010. Près d’un demi-million d’euros de subventions attribuées entre 2007 et 2010 pour construire ou rénover des gîtes ruraux a été détourné au profit personnel d’une quinzaine de personnes, mises en examen avec des élus et des hauts fonctionnaires. Paul Giacobbi était-il responsable de ces détournements ? LA justice le pense. Mais ce qu’elle ne dit pas c’est qu’en réalité Paul Giacobbi n’était que la victime triomphante d’un système qui a profité à d’autres, un système installé par son clan il y a fort longtemps, et qu’il a exploité le temps de son règne, quand les urnes étaient « africaines ». « C’est un assassinat politique ! » s’est indigné Jean-Louis Seatelli, l’avocat de Paul  Giacobbi. Bien entendu. Un assassinat politique, mais rien de très grave en comparaison du préjudice pour l’ensemble de la population corse. La justice a mis du temps, trop de temps, certaines pertes sont irrémédiables mais nous devons à présent nous réjouir, et ne plus regarder dans le rétro. Aujourd’hui la justice est passée, il nous reste à nous reconstruire collectivement. Nous avons, je suis certain, la possibilité de bâtir un avenir serein avec cette jeune génération d’élus insulaires de qualité. Ne manquons pas le coche dans quelques mois.

Les condamnations :

– Paul Giacobbi : 3 ans de prison ferme, 5 ans d’inéligibilité, 100.000€ d’amende

– Thierry Gamba-Martini : 2 ans de prison avec sursis, 10.000€ d’amende

– Jean Hyacinthe Vinciguerra : 2 ans de prison dont 1 an avec sursis, 5 ans d’interdiction d’exercer une – fonction publique, 8.000 d’amende;

– Jean-Marc Domarchi : 3 ans de prison avec sursis, 10.000€ d’amende

– Vannina Perrot, épouse Domarchi : 3 ans de prison avec sursis, 10.000€ d’amende

– Faustine Maestracci, épouse Arrighi : 3 ans de prison avec sursis,10.000€ d’amende

– Pierre Paul Arrighi : 3 ans de prison avec sursis,10.000€ d’amende

– Ange Noël Andreani : 3 ans de prison avec sursis, 10.000€ d’amende

– Philippe Gabrielli : 2 ans de prison avec sursis, 8.000€ d’amende

– Marie-Antoinette Rinieri : 2 ans de prison avec sursis, 8.000€ d’amende

– Laurence Rinieri : 2 ans de prison avec sursis, 8.000€ d’amende

– Marie-Laure Le Mee : 1 an de prison avec sursis

– Philippe Calendini : 18 mois de prison avec sursis, 5.000€ d’amende

– Josette Simoni, épouse Verdi : 8 mois de prison avec sursis, 2.500€ d’amende

– Pierre Orsini : 8 mois de prison avec sursis, 2.500€ d’amende

– Dominique Jean Franceschi : 8 mois de prison avec sursis, 2.500€ d’amende

– Toussaint Pernici : 8 mois de prison avec sursis, 800€ d’amende

– Francine Ferrandi : 8 mois de prison avec sursis, 2.500€ d’amende

– Jean-Philippe Martinetti : 6 mois de prison avec sursis, 2.000€ d’amende

– Anne Marie Albertini : 6 mois de prison avec sursis

– Angèle Poletti, épouse Vannucci : 6 mois de prison avec sursis

– Catherine Muzard, épouse Rossi : 4 mois de prison avec sursis

– Pierre-Marie Mancini : 3 ans de prison dont 2 ans avec sursis, 5 ans d’inéligibilité

Les raisons de la victoire

_MG_2307-Modifier-1000Le 21 septembre se célèbre partout dans le monde la « Journée internationale de la paix ». C’est à cette date emblématique que nous avons décidé d’organiser la sortie nationale dans l’Hexagone du film Faeryland, premier film vegan.

La France pays pionnier du 7ème art, terre des droits de l’Homme, temple de la gastronomie est un symbole parfait du combat que nous menons au service du vivant, contre toutes les discriminations et pour l’abolition de l’exploitation animale. Si l’on devait résumer l’idée centrale de Faeryland, nous pourrions dire qu’il s’agit d’un conte antispéciste et vegan, qui met en lumière les injustices et les incohérences de la loi du plus fort. Au premier rang des victimes les sans-voix. Ils sont au centre de l’histoire, comme ils sont au centre de l’exploitation des plus faibles. De nos jours, il n’y a pas un secteur de l’activité humaine qui ne bénéficie pas de cette exploitation. C’est ce que nous avons choisi de montrer avec un film de lutte, un film de combat, un film de résistance.

Faeryland dénonce l’ensemble des secteurs de l’exploitation animale (vivisection, tauromachie, abattage,…) et la vérité se confond avec la fiction. De véritable actions de la cause animale en présence de comédiens, de véritable scènes du film avec des activistes. Faeryland brouille les pistes, joue de l’émotion et crée de l’empathie. Il est troublant de constater – y compris dans sa distribution – à quel point l’objet cinématographique, se confond avec la lutte de la cause animale et de l’exploitation des plus faibles. Faeryland dont le thème avait effrayé les deux principaux argentiers frileux du cinéma, qui ne savaient pas quoi faire d’un film engagé avaient promis de nous donner une réponse rapide. Trois ans plus tard, ils s’interrogent toujours. Faeryland qui est arrivé dans les salles sans eux, est en passe de faire une fabuleuse trajectoire. Le propos vegan pour la première distillé sur grand écran en France est également demandé sous d’autres horizons.

Nous nous sommes battus dos au mur, comme se battent les militants de la cause animale, dans un combat démesuré, un combat inégal, un combat que nous ne pouvions que perdre. Et nous n’avions rien lâché. Aujourd’hui le film sera présent sur l’ensemble du territoire, mais nous aurons aussi des soirées spéciales (1) en Corse au cinéma les 3 Stars à Porticcio et le Régent à Bastia, en Bretagne lors de la Vegan’Heart, et à Puteaux au cinéma Le Central. A signaler qu’à Paris, Faeryland va retrouver en exclusivité en première semaine le mythique St-André des Arts, la salle de cinéma de ses débuts. Chaque projection a son histoire et son lot d’anecdotes. Mais à chacun ses méthodes, à chacun sa stratégie. Pour les Majors du cinéma et les grands studios, nous sommes davantage dans l’exploitation à outrance du 312e  »Batman Vs Batman ». A telle enseigne que plus personne n’y comprend plus rien. Même méthode pour la terre. On pille avec cynisme dans les richesse naturelle, en pensant que le filon est inépuisable. Mais tout a une fin, et cette surexploitation des franchises qui mène le cinéma dans le mur, mène également la planète dans une impasse. Ce qui était une bonne idée au départ devient une hérésie.

La culture devrait s’inspirer de l’agriculture, et particulièrement de la jachère ; ici aussi la surexploitation des terres arables se heurtent au principe même d’un développement éthique, moral, harmonieux et respectueux. Les conséquences sont évidentes, la réussite de Faeryland et l’abolition de l’exploitation animale, à la fin des fins, ne peuvent qu’advenir, tant notre lutte est juste et bienveillante. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations-Unies porte la parole juste pour ce 21 septembre :  »Je demande à tous les belligérants de déposer les armes et d’observer un cessez-le-feu général. Je leur dis : cessez les massacres, cessez les destructions, ouvrez la voie à une paix durable ». C’est cette suspension des hostilités que nous appelons de nos voeux pour la « Journée internationale de la paix », tout en rappelant que nous restons ferme dans nos convictions et intègre dans nos engagements. Oui nous voulons ouvrir la voie de la paix, mais le combat cessera définitivement le jour ou la nature aura durablement repris ses droits, ce qui finira inévitablement par arriver. Voilà les vraies raisons de la victoire.

Magà Ettori, Paris, 18/09/2016 en partenariat avec Radio Parole d’Animaux

 

(1) Les soirées spéciales

– Mercredi 21 septembre à 18h et 20h au cinéma les 3 Stars à Ajaccio

https://www.facebook.com/events/537118976483580/

– jeudi 22 septembre à 19h au cinéma le Régent à Bastia

https://www.facebook.com/events/672932692856082/

– Dimanche 25 septembre Vegan’Heart à Chateaugiron

http://veganheart.e-monsite.com/pages/crowdfunding/

– vendredi 30 septembre au cinéma le Central à Puteaux

http://www.cinecentral.fr/evenement/925174-faeryland-le-premier-film-vegan-au-central

 

Les Sénateurs sont des êtres doués de sensibilité

chat faerylandDans le cadre du tournage du film  »FAERYLAND » toutes les grandes associations de la protection animale (*) seront présentes le dimanche 25 janvier 2015 à 13h sur l’esplanade du Trocadéro pour évoquer une action de sensibilisation à l’ensemble des fondamentaux de la cause animale (expérimentation, abattage, corrida, fourrure, pêche, gavage, maltraitance, …). Des intervenants évoqueront nécessairement le pas de danse du Sénat, qui a supprimé hier la qualité «d’êtres vivants doués de sensibilité» accordée par l’Assemblée Nationale aux animaux, lors de la nouvelle lecture d’un texte de simplification du droit et des procédures. Même s’il revient à l’Assemblée de se prononcer en dernier ressort sur l’ensemble du texte, on ne peut que regretter un fois encore, que la politique politicienne prenne le dessus sur l’intérêt général. Les promoteurs du texte de loi estiment qu’il faut assurer une reconnaissance symbolique de la spécificité des animaux dans le code civil en affirmant qu’ils sont des êtres doués de sensibilité, mais pour la majorité du Sénat dont le sénateur de Mayotte  »la loi n’a pas à dire ce qui est vrai ou faux, elle doit dire ce qui est juste ou injuste, autorisé ou interdit ». Soyons sérieux, si nous devions faire la liste des lois qui disent ce qui est vrai ou faux, il nous faudrait quelques paragraphes supplémentaires. Un autre député, Jean-Jacques Hyest, a estimé que  »Tout cela est bien sympathique. L’animal est considéré comme un bien par le code civil «parce qu’on peut le louer ou l’acheter. D’autres textes dans d’autres codes ont déjà établi que l’animal est un être sensible. Réfléchir au droit de l’animal aurait nécessité un autre débat ». Alors allez-y ! Organisez d’autres débats messieurs les Sénateurs, sinon c’est la Société Civile qui le fera… et la démarche est déjà initiée. Nous vous donnons rendez-vous le dimanche 25 janvier 2015 à 13h sur l’esplanade du Trocadéro. Des militants vont arriver de toute la France, du Sud au Nord, d’Est en Ouest, et même de Belgique pour engager les débats avec vous et évoquer la sensibilité du monde animal.

FAERYLAND (Manifestation de sensibilisation – tournage)

dimanche 25 janvier 2015 à 13h – Esplanade du Trocadéro – 75016 Paris

(*) avec le soutien de 269 Life France – L214 – Comité Radicalement Anti Corrida (CRAC Europe) – Oikeutta Eläimille – Refuge de l’Arche – Nos loulous croisés – Soko Tierschutz – Une loi pour les animaux de Chine – International Campaigns – Société anti fourrure – Animaux en Péril (Belgique) – GLAMA – Association Laissons Leur Peau Aux Animaux (LLPAA) – Sauvons les animaux – Dignité Animal – Galgos Ethique Europe – Institut Citoyen du Cinéma et de l’Audiovisuel – Animalter – Forces Unies pour les Droits des Animaux (FUDA) – Collectif Contre L’Expérimentation et l’Exploitation l’Animale – Collectif du 21 septembre – (CCE²A) – Rev’Animal – AVES FRANCE – Instinct – Les Désobéissants – Fédération Petite Thérèse – Combactive – La Gazette Anìmal – Anti Fur Society

l’Arche, le refuge du coeur

Ariakina, Patricia, Marc, Mylène, Magà, Aude, Christian, Sarah au centre de soin du Refuge de l'Arche (crédit photo Laurent Christophe)
Ariakina, Patricia, Marc, Mylène, Magà, Aude, Christian, Sarah au centre de soin du Refuge de l’Arche (crédit photo Laurent Christophe)

Ma profonde conviction est que l’on ne peux aimer l’Humain sans véritable dévotion pour le monde animal,… et le contraire est aussi vérifiable. Les moteurs de l’amour  – aussi bien pour nos  »congénères » que pour les Animaux – sont l’empathie et la compassion (à prendre au sens non-religieux du terme). Dans le cadre du tournage de  »Faeryland » nous avons eu le privilège de rencontrer la famille Huchedé (Yann, Aude, Christian) au  »Refuge de l’Arche » en Mayenne. Un lieu hors du commun. Une histoire de famille, une histoire d’amour et de passion.

Le Refuge de l’Arche a été créé le 5 mars 1974 par Christian Huchedé (également la date anniversaire de Christian). Le patriarche au grand coeur était membre de la section locale de la fédération nationale des « Club Chouette » quand arrive Tsavo en 1974, l’ours à collier. A ce moment-là, Christian Huchedé avait déjà réalisé un parcours important, car tout a commencé en 1968, lorsque un groupe de jeunes a apporté un cormoran blessé par des chasseurs (une espèce protégée) à Christian favorablement connu pour son amour des animaux. De nichoirs en cages, le site s’est agrandi pour occuper 15 hectares au bout de 40 ans. Ici, on respecte les animaux : point de dressage, de spectacles ou de numéros de cirque, mais une très grande variété d’espèces animales qui vit en toute quiétude après avoir été abimé (généralement par l’Homme). Le Refuge de l’Arche accueille les animaux de la faune locale trouvés blessés ou malades, et qui après avoir été soignés, sont relâchés dans leur milieu naturel (et parfois en Afrique comme ce fut le cas du lion Brutus). Seuls les animaux trop dépendants ou imprégnés par l’homme sont gardés. L’Arche accueille également les animaux domestiques ou exotiques devenus trop encombrants pour leurs propriétaires. Un enjeu important précise Aude Huchédé qui nous accompagne sur le tournage :  »avec les nouveaux Animaux de compagnie on a tendance à voir tout et n’importe quoi, certains sont saisis par les autorités (police, douane, Office National de la Chasse, Services vétérinaires, gendarmerie) et on y retrouve des lions, tigres, loups, ours, singes, reptiles, oiseaux exotiques ». Soignés et sauvés par les membres du le CEPAN (Club d’Etude et de Protection des Animaux et de la Nature) dont Mylène Demongeot est la présidente du Comité d’Honneur, les animaux sont installés sur de grands espaces (parcs, volières, abris couverts) et respectés.

Mylène de Mongeot, le monument du cinéma français, à oublié jusqu’à notre présence, elle semble en communion avec sa filleul (Martha).  J’observe Mylène et Ariakina (qui interprète le rôle de l’elfe Yavana) en train de nourrir Martha au pain d’épices (25% de miel minimum), et je me rends compte qu’ici les animaux ont tous un nom, et ça ce n’est pas rien : le Refuge de l’Arche accueille près de 1400 animaux, représentant 150 espèces différentes et tous sans exception ont une histoire à raconter. Martha, par exemple, qui se délecte de pain d’épices et se presse à l’appel de sa marraine Mylène (le parrain étant Pierre Richard), est une ourse magnifique née en 1986 au zoo de Vincennes. Un an plus tard elle est transférée avec son frère Barth’ au zoo du bois de Saint Pierre près de Poitiers. En juin 2012, elle déménage au Refuge de l’Arche grâce à l’aide de la Fondation Brigitte Bardot. Avec ses grands espaces sans grillages, son futur parc lui permettra de trouver des conditions de vie plus confortables. A terme, il s’agira de la laisser en compagnie du couple d’ours déjà présent au Refuge en présence de Mylène Demongeot qui accompagne Christian Huchedé lors du transfert de l’ourse entre Poitiers et Château-Gontier. Après une nuit de repos, Martha découvre le lendemain de son arrivée son parc herbé et ses nouvelles congénères, deux louves d’Europe. Il ne lui reste plus qu’à couler des jours heureux en attendant son pain d’épices.

Aude me parle longuement d’un autre de  »nos acteurs » de Faeryland : Baringo. Il était 21h ce jeudi 19 août 2004, lorsqu’un habitant de Commer, rentrant chez lui, remarque une petite bête, sur le bas côté de la chaussée. « Je croyais que c’était un chien, ou un renard. J’ai fait demi-tour et là, j’ai vu qu’il s’agissait en fait d’un lionceau ! » témoigne-t-il : « Je l’ai emmené à la maison, où je l’ai installé dans une petite boîte avec un peu de paille et du lait ». Puis il contacte les gendarmes de Mayenne « qui ont tout d’abord cru à un canular », avant de faire appel au maire de la commune puis de joindre un vétérinaire, le lendemain matin. La mairie délègue un employé municipal qui prend contact avec le Refuge de l’Arche. Pris en charge par le Refuge, il retrouve vite la tranquillité et le calme, directement au domicile de Christian Huchedé. Là, il fait connaissance de Didine et sa fille Caramelle, les deux chiennes de la maison. Elles le découvrent d’abord avec une certaine curiosité pour très vite l’accepter dans leur panier, espace privilégié qu’ils partageront pendant plusieurs semaines. L’animal âgé de 3 semaines, serait tombé d’un camion du Cirque de Paris, en déplacement à Mayenne le week-end précédent. Celui-ci est judiciairement poursuivi pour animal en divagation. D’après Christian, le lionceau était affaibli et se nourrissait avec beaucoup de difficulté. Il vécu jusqu’à son sevrage chez Danielle et Christian, toujours entouré des deux chiennes qui lui apportent l’affection dont il a besoin. Puis un parc est aménagé dans le jardin de la famille, le temps d’une croissance tranquille. Et des histoires de ce type, vous en découvrirez beaucoup au  »Refuge de l’Arche » tant les animaux ont à dire … mais les soigneurs, les vétérinaires et la famille Huchedé également. Le Refuge de l’Arche a reçu en 1993   »le Prix du CNPA » (Conseil national de la protection animale),  et le « bravo de l’accueil » par le ministère du Tourisme, mais dans ce dernier cas je pense que nous sommes en dessous de la vérité ; le Ministère aurait pu décerner au Refuge de l’Arche « l’excellence de l’accueil, et du coeur ».

Refuge de l’Arche – Route de Ménil Saint-Fort – 53200 Château-Gontier – Tél : 02 43 07 24 38 Fax : 02 43 70 18 32 – info@refuge-arche.org – http://www.refuge-arche.org/

Versailles sauce Hollywood

MAGA ETTORI - Marie Antoinette de Sofia Coppola

Pour situer le contexte, nous parlons d’un film auquel j’ai participé doté d’un budget de 40 millions de dollars, et qui a rapporté à sa production 60 919 189 dollars. Mais commençons par le commencement. Un matin, très en retard, je pénètre en trombe dans un bâtiment administratif, quand ma course fut stoppée net par une charmante brune aux yeux clairs, au profil grec, qui me questionna dans un sourire :

 »voulez-vous faire du grand cinéma ? »

Grand sourire intérieur du gars qui a réalisé plusieurs dizaine de films!

–  »Non parce que vous avez un look, et que je cherche quelqu’un tel que vous pour un tournage de trois mois. »

Je lui demande pour la forme qui produit ce film. Elle me me murmure comme une confidence :

 »Francis Ford Coppola, c’est lui qui produit le film mais c’est sa fille Sofia qui réalise ».

MAGA ETTORI - Marie Antoinette de Sofia Coppola - Le mariage
Le mariage de Marie-Antoinette

Je la scrute comme si elle venait de dire Francis Ford Coppola, mais je pense que mon regard ressemblait plus à celui de Richard Anconina alias Albert Duvivier dans  »Itinéraire d’un enfant gâté ». Comme la grecque ne bouge pas d’un iota malgré sa profanation, je jette un coup d’œil rapide derrière moi puis tout autour pour détecter la caméra cachée, sans succès. Elle me parle ensuite du salaire, décidément très persuasive. Je ne suis pas du genre à contrarier une jolie femme, surtout quand elle représente un de mes cinéastes favoris. Je lui donne donc mon accord. Le lendemain, à 3h du matin, un taxi Mercedes au siège en cuir neuf me conduit au Palais de Versailles, sur le tournage de  »Marie-Antoinette ».

MAGA ETTORI - KIRSTEN DUNST Marie Antoinette de Sofia Coppola
arrivée de Marie Antoinette

Mon ami Jean Tulard a publié un article sur  »Marie-Antoinette », pas très tendre. Il écrit  »Kirsten Dunst dans le film de Sofia Coppola a du charme, mais c’est Versailles à la sauce Hollywood ». Ah l’humour de Tulard, un pur régal. Le jour où je lui ai demandé son email pour lui envoyer un message, lui m’a fait le regard d’Elioth Ness à Al Capone. J Mais revenons donc au tournage. Tous les lundi et la plupart des nuits de la semaine, une aile entière du palais de Versailles était consacrée au toilettage, et ravalement de façade. Essayage de costumes et maquillage démontrent bien que tout vaniteux vit aux dépends de celui qui l’écoute. Après cette séance, de  »mon look et de mon physique très intéressant » il ne reste plus grand chose : ni barbe, ni chevelure rousse. Vers 11h, ce sont les sosies qui arrivent. Il déambulent tranquillement, certains récitent un texte, d’autre prennent des photos, et la plupart discutent près de la buvette. Il y a là, très simplement, Jason Schwartzman, Judy Davis, Rip Torn, Marianne Faithfull, Tom Hardy, Mathieu Amalric, Steve Coogan et même le sosie d’Asia Argento.

MAGA ETTORI - Marie Antoinette de Sofia Coppola - Opéra Comique

La sosie de Kirsten Dunst arrivera un peu plus tard dans un sac poubelle. Oui le plastique pour dissimuler la robe de Marie-Antoinette aux paparazzi. Peine perdue d’ailleurs. Tous les comédiens et techniciens présents étaient des paparazzi potentiels et la photo en question s’est rapidement retrouvée à la une de la presse people. Cet usage des photos avec un portable se voulait interdite pendant le tournage, mais est-ce qu’ils pouvaient fouiller plusieurs centaines de personnes chaque jour. Le sosie d’Asia Argento ne s’en privait d’ailleurs pas. Elle m’attrape par le bras et me dit : –  »je vous trouve très beau, on peut se prendre en photo ensemble ? », pouvait-je lui refuser ? Elle tend alors un appareil photo-portable-téléphone à un autre comédien qui nous mitraille. A cette époque on parlait du film d’Isabelle Mergault, donc le  »je vous trouve très beau » me laissa de marbre. Je n’allais pas me laisser prendre à la flatterie tout de même. Je compris d’ailleurs qu’elle ne parlait pas de ma modeste personne mais bien de ma tenue, somptueuse. Rien d’étonnant à ce que le film ait reçu l’Oscar de la meilleure création de costumes. La comédienne me demanda mon adresse – pour me faire parvenir une copie de la photo – que je lui ait griffonné sur un bout de nappe, mais alors sans conviction. Je ne pensais pas une seconde qu’une fois fini le tournage, elle prendrait le temps de m’expédier cette photo. Une bise rapide, et à bientôt. Je lui glisse : –  »moi aussi je vous trouve très belle », La Contesse du Barry se retourne me fait un clin d’œil et puis prend la direction de la cantine. Ah la cantine, extraordinaire ! 2000 personnes, sous un chapiteau. Nous devions mettre des espèces de bavoirs, et des  »sacs en plastique » sur la tête pour protéger costumes et perruques. Enfin pour ceux qui en portaient, moi c’était ma vraie chevelure, moins lourd. Bien entendu nous pouvions nous asseoir à la cantine où nous voulions, après être passé par le buffet. Mon premier repas fut un choc, au moment de m’assoir je m’aperçus qu’à droite étaient assis tous les gens du peuple, à gauche la bourgeoisie et entre les deux les techniciens. Nous venions d’inventer la ségrégation sociale. Dans les trois camps, on me regardait comme un traître à ma classe puisque naturellement j’étais allé m’asseoir avec les techniciens, comme d’habitude quoi.

MAGA ETTORI - JUDY DAVIS - Marie Antoinette de Sofia CoppolaPendant ces trois mois, j’ai tourné plusieurs scènes avec Mary Jane Watson, la fiancée de Spiderman dont celle de la mort du Roi. Mémorable, pour mes genoux et pour la robe de Judy Davis. Le 10 mai 1774, nous étions une dizaine à courir dans la galerie des glaces, Judy Davis en tête, moi juste derrière, tandis que deux futurs décapités nous encadraient. Nous étions tous les quatre dans le peloton de tête, pour annoncer à Jason et Kristen que le pauvre Louis XV n’était plus. La première tentative nous vit tous les quatre atterrir à plat ventre devant la reine, qui s’esclaffa. Il faut dire qu’on ne pouvait rien clouer, ni scotcher dans la Galerie des Glaces. Il fallu donc prendre des costauds pour tenir à bout de bras l’épais tapis sur lequel nous ne devions ni glisser, ni choir. A la vingtième tentative mon camarade de gauche posa négligemment son pieds sur la traine de Judy Davis qui s’arracha complètement. En immense star et en  professionnelle, Judy Davis finit sa scène comme si de rien n’était. La costumière fut moins fair-play avec le comédien. A la quarantième tentative ce fut mon collègue de droite qui décida de tester la solidité de la robe de Judy Davis, qui finit encore sa scène comme si de rien n’était. La costumière fut encore plus mauvaise. Pour le coups, j’ai eu du mal à contenir un sourire. Je sais le roi était mort mais tout de même. La fiancée de Spiderman et Sofia Coppola riaient à chaudes larmes, la comédienne avait la caméra dans le dos et la réalisatrice était hors champs près de Roman. Tel le sphinx, Francis Coppola restait imperturbable. A la soixantième tentative, je ne pouvais plus m’agenouiller devant le couple royal, j’avais les genoux en sang, ah la royauté ! Quelques mois plus tard, une enveloppe en provenance d’Italie, et à l’intérieur simplement la photo (ci-dessous) où je pose avec la fameuse comédienne qui ressemble à Asia Argento. Au verso un court texte, pas de quoi flatter mon égo mais tout de même :  »Je vous trouve toujours très beau. Avec toute mon amitié. Asia ».

MAGA ETTORI - ASIA ARGENTO - Marie Antoinette de Sofia Coppola

 

Un ange passe à la téléréalité

Ariakina Ettori - Christie Nicora - tournage ''I Tercani''
Ariakina Ettori (La Lauréate) – Christie Nicora (Les Anges de la Téléréalité) – tournage  »I Tercani »

J’avoue sans aucun tabou m’être mis à la téléréalité. Il m’a fallu un temps d’accoutumance, un travail important pour comprendre les codes et les enjeux des émissions, mais c’est avec délice que j’ai pu accéder à ce nouveau monde. J’ai d’abord débuté mon initiation en suivant le passage d’un ange à la téléréalité, notre amie Chrisitie Nicora, que j’ai eu le plaisir de faire tourner dans  »I Tercani », il y a trois ans. Christie, jeune et talentueuse mannequin surdiplômée ne sera restée que quelques jours dans la villa australienne des  »Anges de la téléréalité », à mon grand regret. Juste le temps de parfaire ma culture. En effet, en lisant un tweet assassin de Vanessa à l’attention de Christie, j’apprenais que nous étions 6 millions sur terre…. à moins que Vanessa ne parle des candidats de jeux de téléréalité, ou… bah j’ai encore du travail. A ma décharge, je suivais en même temps les cours d’astronomie « des Marseillais à Rio », quand Kim expliquait à Micha qu’il y avait deux lunes : une au dessus de la France et l’autre au-dessus du Brésil. Ok, ça c’est fait. Il était temps pour moi de quitter la téléréalité hexagonale pour découvrir la puissance des Pays-bas, du Japon, de l’Allemagne, de l’Angleterre, du Pakistan et des USA dans ce domaine. Que du bonheur. Un chien d’un mètre cinquante au garrot, sodomite à ses heures perdues qui astique un candidat de téléréalité enduit de chantilly, une bibliothèque où les candidats doivent tenir le silence malgré les tortures, un candidat en phase terminale d’un cancer qui donne ses organes à un des trois autres candidats, un animateur qui offre un bébé orphelin à un couple sans enfant, un candidat que l’on jette dans l’eau bouillante, une animatrice nue qui consomme en direct des stupéfiants sous l’oeil complice de deux candidats occupés à tester des préservatifs bien entendu dans le plus simple appareil, des candidats qui se bistourisent allègrement pour ressembler à des poupées (Ken et Barbie) quand ce n’est pas à leur vedette favorite, des mangeurs de craies et de matelas, … Que du plaisir. De cette incroyable découverte que fut pour moi la téléréalité, il était vraiment temps que j’en fasse un film :  »La Lauréate ». Puisque la téléréalité puisait ses codes dans le monde du cinéma, il me semblait intéressant que le cinéma emprunte à son tour à la téléréalité, mais chut,… un ange passe.

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