Climat, l’heure de la guerre a sonné

Magà Ettori - Janette et Alan Murray (blc)

J’ai été très touché par les feux et les ouragans en Australie, bien avant le déclenchement de la tempête médiatique. Nous avons beaucoup échangé avec mes amis Janette et Alan Muray, les champions du monde ambassadeurs de VEGAN MARATHON en Australie. Dès les premiers incendies, nous avons pris contact avec des fondations et envisagé ce que nous pourrions faire concrètement pour aider l’Australie dévastée.

Une course contre la montre, pour aider l’Australie

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En tant que militant et citoyen du monde, nous agissons donc de concert avec les institutions sur place. En tant qu’auteur, cela m’a inspiré un texte : L’ILE KANGOUROU. un compositeur de talent va bientôt nous proposer une musique pour faire de L’ILE KANGOUROU un titre au service de la cause.

Dana Glowacka est une VEGAN WARRIOR, et une des 11 influenceuses dans le monde en tant que sportive végane. La canadienne a en effet battu le record du monde de gainage (homologué par le Guiness des Records). Ayant échangé avec Dana sur la tragédie en Australie, je l’ai senti très concernée, c’est pourquoi je lui ai demandé de lire ce texte que nous avons ensuite mis en image.

Antispécisme et dissonance cognitive

En partageant la vidéo sur les réseaux sociaux, nous avons eu ce type de réactions : « C’est triste, certes mais nous n’avons aucun pouvoir sur cela. En revanche, chacun peut faire diminuer le nombre d’animaux qu’on fait souffrir et qu’on tue (150 milliard dans le monde) pour un « plaisir gustatif » alors qu’on en a pas besoin. Remettons les choses à leur juste place ». Je connais l’auteur de ce commentaire, un ami, un VEGAN WARRIOR aussi, très engagé, sincère, intègre, et je ne peux pas le suspecter de vouloir se donner bonne conscience de ne pas pouvoir agir pour l’Australie.

L’image contient peut-être : 4 personnes, personnes souriantes

Pourtant, depuis quelques jours, fleurissent partout sur les réseaux sociaux – enfin presque partout, dans la communauté antispéciste en tout cas – des publications qui vont dans ce sens. Cela fait même consensus. Je pense que nos compagnons de lutte antispécistes se trompent de combat et tombent à leur tour dans le piège de la dissonance cognitive.

La quoi ? C’est grave docteur la dissonance cognitive ? Oui quand nous nions la réalité du réchauffement climatique ou que nous visons à minimiser son impact. Oui, quand des nazis ou des négriers justifient leurs comportements immoraux en prétendant que leurs victimes sont une sous-espèce humaine. Oui, quand un président américain dément torturer des prisonniers tout en réaffirmant que les Etats-Unis continueraient à poursuivre leurs exactions. Oui, quand une personne normale prétend aimer la viande mais ne pas aimer tuer des animaux.

Le paradoxe de la viande

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Ce dernier exemple est ce qu’on appelle « le paradoxe de la viande ». Cet antagonisme entre l’amour pour les animaux et l’amour pour la viande, crée un inconfort psychologique de manière plus ou moins consciente. Afin de réduire ce conflit certains vont aller chercher des justifications rationnelles comme le « cri de la carotte ». Cette expression vise à mettre exactement sur le même plan les végétaux et les animaux, notamment au niveau de la sensibilité. Une façon de ne pas croire en l’existence de conscience chez les animaux. Cela vous rappelle quelque chose ? C’est là qu’on reparle des femmes ou des indiens des amérindiens ? Non, continuons avec la carotte. Dans ce débat, le cri de la carotte est un argument que l’on peut placer au même niveau que le « Lion et la Gazelle » (l’un mange l’autre dans la jungle), des « hommes préhistoriques » (il fallait bien qu’ils se nourrissent entre deux T-rex), des « canines » (elles ne sont pas là pour rien). Ce sont des arguments faciles à démonter : un consommateur de viande participe bien plus au cri de la carotte qu’un non-consommateur de viande. Pour créer une calorie animale il faut utiliser entre 4 et 10 calories végétales. En réalité, quand une personne vous parle du cri de la carotte, vous savez qu’elle n’essaie pas de vous convaincre, mais de s’auto-convaincre, de banaliser le sort des animaux pour se donner bonne conscience.

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Le souci avec la bonne conscience et la dissonance cognitive c’est que ce soulagement passe par la case oubli, et que l’existence même des véganes, leur omniprésence médiatique, est un rappel incessant à cette mauvaise conscience. Une excellente journaliste du Monde, Audrey Garric a écrit : « Nous continuons à soustraire à la vue d’une opinion publique dégoûtée par le sang la réalité de la production de viande, à savoir que trois millions d’animaux sont tués chaque jour en France, le plus souvent à la chaîne. ». Ce que met en évidence Audrey Garric, c’est le « paradoxe de la viande », un phénomène étudié en psychologie qui renvoi à la contradiction entre, d’un côté, aimer manger de la viande, et de l’autre, ne pas aimer infliger de la douleur et tuer des animaux sentients. Là cela vous rappelle nécessairement quelque chose, j’en parle juste au-dessus. Et vous savez quoi ? Le « paradoxe de la viande » s’étudie principalement en psychologie sous l’angle de la théorie de la dissonance cognitive.

L214 a au moins l’élégance de relever que le climat c’est comme la viande. Alors que tous les voyants sont au rouge, notre cerveau préfère ne pas entendre ce que nous disent les scientifiques. Selon le psychiatre norvégien Per Espen Stoknes, le principal problème dans la lutte contre le réchauffement climatique est justement d’ordre psychologique. Plus les preuves scientifiques du dérèglement s’accumulent, moins les gens semblent préoccupés par les questions climatiques. Comment s’explique ce paradoxe ? Comme pour la viande, des barrières mentales nous empêchent de voir la réalité en face. Le climat et la viande, même combat. Le réchauffement climatique par les menaces qu’il projette sur notre avenir et par l’ampleur des mesures qu’il nécessite, crée de l’inconfort en remettant trop de choses en question dans notre existence. Et entre la connaissance du problème et la reconnaissance du besoin d’agir, notre réflexe est de refouler ces informations pour éviter d’y penser.

La théorie du crapaud

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A ce stade, j’ai bien envie de vous parler de la « théorie du crapaud ». Cette histoire raconte que les crapauds vivent dans une zone et se reproduisent dans d’autres. Chaque année, de manière grégaire, tous migrent dans le même sens. Lorsque sont construit de nouvelles routes en travers, ils se font massivement écraser. Sauf que quelques-uns vont dans l’autre sens, ou trouvent les tunnels que des écologistes font creuser pour eux sous les routes. Parce qu’ils s’aventurent dans des directions non conventionnelles, ces crapauds fous inventent des voies d’avenir et sauvent l’espèce. C’est d’ailleurs à propos des crapauds fous que Mark Twain a écrit : “Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.” Non je plaisante. Plus sérieusement, l’histoire montre l’importance des anticonformistes pour le progrès des connaissances. Qu’en aurait-il été si de grands chercheurs comme Marie Curie ou Albert Einstein n’avaient pas persisté dans leurs travaux ?

Anticonformistes et antispécisme, même combat 

Image associéeLes antispécistes, eux, sont par essence des anticonformistes. Ils ont un esprit critique et remettent tout en question, en permanence. Oui des fois c’est fatiguant mais souvent cela fait avancer le Monde et le rend plus éthique. Malheureusement les antispécistes sont loin d’être parfaits. Leur principal défaut est d’échanger principalement avec d’autres antispécistes (il faut dire que les diners avec des viandards deviennent vite fatiguant pour un végane), et là le « crapaud fou » commence à tourner en rond et son anticonformiste devient une forme de conformisme. La norme des antispécistes qui évoquent l’Australie c’est de rappeler que s’émouvoir pour le sort des Koalas qui disparaissent dans les flammes des mégafeux australiens et de ne pas pour les animaux dans les abattoirs relève de la dissonance cognitive. Ok nous y sommes. Mais les ami.e.s, vous faites la même chose avec L’Australie : « Je ne peux pas agir alors je me donne bonne conscience en faisant la comparaison avec les abattoirs. ». Vous vous souvenez du cri de la carotte ?

L’ÎLE KANGOUROU, la victoire ou la mort 

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Soyons sérieux, soyons courageux, vous pouvez agir, et aider ceux qui agissent, même en France. Dans la cadre du Climat, nous vivons en ce moment une crise majeure avec un risque important d’effondrement de nos sociétés si nous ne parvenons pas à limiter le réchauffement à plus de 2 degrés d’ici la fin du siècle.  Les premières victimes de la crise climatique seront toujours les plus faibles, à commencer par les animaux. C’est ce que je rappelle dans la vidéo de l’ÎLE KANGOUROU : « Un milliard d’animaux ont déjà péri dans les feux de brousse qui ravagent l’est de l’Australie. La situation est critique sur Kangaroo Island. Il ne reste que 9.000 koalas sur les 46.000 (sur)vivants avant l’incendie. Il s’agissait de la seule population de koalas d’Australie qui ne soit pas touchée par la chlamydia, une infection fatale pour les marsupiaux. Les koalas ne sont pas les seuls à être terrassés, des dizaines d’autres espèces sont en souffrance, voir la biodiversité dans son ensemble. Les survivants sont des individus qui nous appellent à l’aide et qui espèrent que nous ne les oublierons pas, pas trop vite, pas totalement. ».

Agir, maintenant, et de toutes nos forces ! 

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Une fois l’émotion passée, le risque c’est l’oubli et l’inaction. Bientôt les médias braqueront leurs caméras sur un autre sujet, puis un autre, et encore un autre. Si la mystérieuse pneumonie «2019-nCov» ne nous exterminent pas (tiens encore un scandale avec les animaux), nous les crapauds fou nous allons prendre une autre direction. Nous allons continuer à lutter pour cette Australie martyr, cette Australie minée par les intérêts économiques. Cette tragédie est une préfiguration de notre avenir et de celui de nos enfants. Dans ce combat les véganes, animalistes et antispécistes ont un rôle important à jouer, en France et ailleurs dans le Monde. D’abord parce que nous sommes naturellement sensibilisés à la cause des animaux et à celle de l’environnement, mais aussi du fait que notre mouvement s’est largement développé sur la planète avec l’essor d’internet. Nous sommes nombreux, connectés, partout et il est temps de nous engager dans cette guerre en prenant garde de ne pas nous tromper de cible.

Magà Ettori

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