Journée Mondiale de la Corse, une mission comme une autre

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Tous les ans, le 9 janvier, la presse me pose la même question : Pourquoi avoir initié la « Journée Mondiale de la Corse le 9 janvier 2009 ? »

C’est très simple cette date correspond au centenaire de la naissance de la résistante Danielle Casanova. Cette femme au destin fabuleux fut érigée, dès les mois qui suivirent sa disparition, et pendant des dizaines d’années suivant la libération, en icône majeure de la résistance. Mais l’histoire est écrite par les vainqueurs dirait un mauvais perdant, pendant une longue période autour des années 80, Danielle Casanova est plus ou moins tombée dans l’oubli.

Le 24 janvier 1943, Danielle Casanova est déportée à Auschwitz. Le train parti de Compiègne emmène dans ses « wagons plombés » deux cent trente femmes, dont la majorité sont des résistantes. Il arrive à Auschwitz le 27 janvier. Danielle Casanova y sert dans l’infirmerie du camp en tant que chirurgien-dentiste, le précédent dentiste du camp venant de mourir du typhus et un appel ayant été lancé lors de l’arrivée des femmes au camp. Le fait d’être dentiste du camp lui permet d’échapper à la tonte de ses cheveux, d’être correctement nourrie et habillée et de vivre dans le bâtiment chauffé où se trouve le cabinet dentaire. Ce cabinet sert à soigner les détenues de droit commun qui font régner l’ordre en terrorisant les autres déportées. Elle utilise sa place pour tenter d’obtenir aux déportées qui sont venues par le même train qu’elle des postes de travail moins durs et leur transmet de la nourriture quand elle le peut. En avril 1943, une forte épidémie de typhus tue de nombreuses déportées. Le médecin-chef du camp obtient que Danielle Casanova soit vaccinée, mais cette vaccination arrive sans doute trop tard : elle tombe malade le 1er mai 1943 et meurt le 9 mai suivant.

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La fin de sa vie n’est qu’un instant de la vie fabuleuse de Danielle Casanova, et je trouvais ça injuste que l’on puisse l’oublier. En 2007, j’ai donc entreprit de réhabiliter l’image de Danielle Casanova avec en ligne de mire, le centenaire de sa naissance le 9 janvier 2009.

Les institutions ont fait mine de m’ignorer pendant un certain temps, et puis ont fini par céder devant mon insistance. J’ai même reçu un courrier fantastique du Ministère de la Culture qui me « grondait » d’avoir pris si tard cette initiative (ils se moquent un peu) et qui me commandait une biographie de Danielle Casanova, qui serait publiée par les Archives nationales dans la brochure des célébrations nationales 2009.

Ayant obtenu ce que je souhaitais, et le partenariat de la Collectivité de Corse de surcroît, j’ai organisé un Colloque au Sénat le 9 janvier 2009 intitulé ‘’Ella aurait eu 100 ans’’. J’ai réuni autour de moi de très nombreuses personnalités du monde de la culture, de la politique et des médias. Jean-Marie Colombani, le directeur du journal le Monde, a animé le débat, entouré de personnalités éminentes : l’académicien Jean-Claude Casanova, le prince Charles Napoléon, Charles-Henry Filippi, Président du directoire de HSBC France, Alain Pozarnik ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, la sénatrice Hélène Luc (responsable du Musée de la Résistance).

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Jean-Marie Colombani, Directeur du Jour le Monde – Magà Ettori, cinéaste

La soirée s’est naturellement conclue sous les ors du Sénat, dans le prestigieux salon Napoléon où les artistes se sont succédés pour rendre hommage à Danielle Casanova. La cérémonie a été clôturée par Robin Renucci accompagné d’une jeune actrice pour une lecture à deux voix des lettres de Danielle Casanova, puis par Yves Duteil qui interpréta – pour la première fois en public – ‘’Maquisard(e)s’’, l’hymne de la ‘’Journée Mondiale de la Corse’’ dont les paroles résumaient la thématique de la rencontre voir ci-dessous).’’

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Danielle Casanova héroïne nationale, je voulais pour ma part que la Corse ait une présence importante dans cet événement, ce qui me donna l’idée de l’organisation d’une « Journée Mondiale de la Corse » qui se déroulerait dans le monde entier en même temps.

C’est là que mon ami Edmond Simeoni s’est invité à la fête. Il a vu une excellente occasion de faire bénéficier l’île et son association Corsica Diaspora d’une grande médiatisation et de retisser le lien avec les corses et amis de la Corse de l’extérieur.  Nous avons donc organisé une vingtaine de manifestations en même temps, dans toute la France et un peu partout dans le monde (Angleterre, Chine, Belgique, Tunisie, Porto-Rico, …) sur le thème, « la Corse qui résiste, la Corse qui gagne ». Cette opération a été montée à trois avec Patricia (mon épouse) et Edmond. Il faut dire que nous avions une force de travail peu commune, un réseau de premier plan, et une vraie motivation.

La radio France Bleu Frequenza Mora nous a suivi sous l’impulsion de Robert Kudelka  et d’Isabelle Béziers. RCFM a joué un rôle important dans cette première « Journée Mondiale de la Corse ». Les animateurs de la Radio ont tous été mobilisés, tout au long de la journée, pour adapter leurs émissions aux thèmes retenus, et ouvrir l’antenne à l’événement, en un tour du monde radiophonique. Ici, là-bas, et ailleurs sur les ondes et sur le web, les voix des animateurs de la radio insulaire, résonna tout au long de la journée.

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Le Jour « J », Edmond Simeoni n’a pas pu se déplacer. Il avait des soucis de pacemaker et n’a pas pu m’accompagner au Sénat, qui devait être notre base de travail pour rayonner dans le monde entier. J’ai donné donc le départ depuis Paris à l’antenne de Frequenza Mora, tandis que les animateurs de la station assuraient les liens, et faisaient vivre la manifestation, sans aucune rupture avec la grille habituelle. L’apothéose ce fut le soir, avec l’émission ‘’la compil d’Evelyne Adam’’ en direct de Bastia. En diffusion internationale, Evelyne a réuni plus de deux millions et demi d’auditeurs. L’animatrice vedette des soirées de France bleu a interviewé des corses de Papeete, de Bora Bora, d’Allemagne, de Belgique, et des Etats-Unis, et des peoples corses et amis de la Corse : Yves Duteil, Philippe Risoli, Thomas Dutronc, Jean-Luc Reichman, Faudel, Roland Magdane, Alain Bougrain Dubourg, Pascal Olmeta, Marie José Nat, Henri Padovani.

La première « Journée Mondiale de la Corse » allait donc inscrire durablement la Corse dans une relation de bienveillance et d’ouverture au Monde et aux autres cultures. Une mission comme une autre en définitive. Rien de très différent de ce que j’ai fait avant, et de ce que je continue à faire aujourd’hui dans mes combats autour du sport et de l’alimentation végétale. Konzentrationslager Auschwitz 1943 - Danielle Casanova (Magà Ettori)

MAQUISARDES

Si, le jour est noir et sans saveur
fille de la terre des seigneurs
la liberté semblera lueur
une victoire d’amour et de coeur
Ici, les bandits pour l’honneur
Fiers du courage de leurs soeurs
Rêvent d’une vie, d’un monde meilleur
Les maquisardes…
Elles vivent dans l’histoire, dans nos mémoires
Lella, Giovanna, Santa, Anna Maria
Leur destinée telle une tour d’ivoire
Elles vivent dans l’histoire, dans nos mémoires
Une lumière bien au-delà du soir
Les maquisardes une source d’espoir
Quand, l’aube maquillera les fleurs
Sonnera l’heure du bonheur
la dentelle deviendra douceur
Les maquisardes.

Yves Duteil (Magà Ettori – Patrice Bernardini)

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