Le tsunami du marché végétarien et végane en France

La vague est là. Les ventes de produits végétariens et véganes ont généré l’an dernier un chiffre d’affaires en hausse de 24%, à 380 millions d’euros, dans les grandes et moyennes surfaces (GMS) françaises, selon des données publiées mardi par l’institut d’études Xerfi.

Ce dernier précise que ce montant est comparable à celui du sans gluten mais dix fois inférieur aux ventes de produits bio, ajoutant anticiper pour la période 2019-2021 une progression annuelle moyenne de 17% du marché de l’alimentation végétarienne et végane GMS, qui dépassera ainsi les 600 millions d’euros d’ici trois ans.

« La multiplication des scandales alimentaires, la remise en cause des bienfaits supposés du lait, des oeufs et de la viande ou encore la prise de conscience de l’exploitation animale ont de fait poussé les Français à se détourner des produits carnés au profit des protéines végétales ». L’institut Xerfi souligne que si le « tout végétal » se heurte encore à des « barrières culturelles de taille », le « flexitarisme » (près de 23 millions de personnes), terme qui désigne le fait de consommer moins de viande et plus de produits végétaux, sera l’un des principaux moteur du marché végétarien et végane.

Il faut se rappeler les chiffres :

  • 5% des Français seraient végétariens ou vegans, selon un sondage mené en 2017 par l’institut d’études marketing et de sondages d’opinion Harris Interactive
  • 30% seraient flexitariens, selon les estimations de la direction marketing de la marque Herta, qui a lancé  une gamme de simi-carnés,
  • 50% déclarent vouloir augmenter leur consommation de produits végétaux selon un sondage de 2017 IFOP/Lesieur, 46% souhaiteraient que les restaurants classiques de type restaurants à table proposent un ou deux plats vegans à leur carte, selon une étude de septembre 2016 réalisée par CHD Expert, l’un des leaders mondiaux des études de marché dans le secteur alimentaire.

   Selon Xerfi, l’autre moteur de croissance du marché végétarien et végane est « l’extension et la meilleure visibilité » de l’offre de ces produits, tout en notant que la mise en avant de cette offre, que ce soit dans les enseignes généralistes ou les magasins spécialisés, est « problématique dans la mesure où elle implique une fragmentation encore plus importante des rayons. » « C’est dans ce contexte que certaines enseignes, à l’image de Naturalia (groupe Casino  CASP.PA ), ont opté pour la création de concepts 100% végans (Naturalia Végan) », note l’institut.

Ce dernier souligne au passage le rôle joué par les grandes enseignes de la distribution, attirées par le potentiel de croissance du marché végétarien et végan, avec le lancement dès 2015 de premières références végétariennes, à l’images de « Carrefour  CARR.PA  Veggie ». Dans la foulée des distributeurs, les grands industriels comme Danone  DANO.PA, Nestlé  NESN.S  ou encore Fleury Michon FLMI.PA , se sont engouffrés dans la brèche, poursuit Xerfi, notant que ces géants ont vu dans le végétal « un moyen de diversifier leur offre ». Tout en affirmant que la hausse de la consommation de produits d’origine végétale est « bien une tendance lourde ».

Ils se trompent. Il ne s’agit d’une tendance lourde mais  d’une tendance très, très lourde et pérenne. Une fois de plus les industriels sont sourds et aveugles et se rendent comptent de ce qui se passe une fois que la vague est là.

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