Duel sur la grande place

grande place 2

Ce soir j’avais rendez-vous pour un duel sur la grande place. Alors que le soleil se couchait dans l’horizon lointain, je progressais pas à pas vers mon destin. J’étais déterminé à rayer de la carte un adversaire. Quelques gouttes de pluie ruisselaient sur mon visage, et c’était plutôt une agréable sensation. Les rues étaient désertes, et le vent s’engouffrait dans le hall de l’église voisine. Nous nous sommes retrouvés au lieu dit à l’heure dite, j’étais même un peu en avance. Sur mon Tshirt noir s’inscrivait en lettres blanche et pourpre : « VEGAN MARATHON » sur sa poitrine je pouvais distinguer des chiffres qui défilaient rapidement. Il a dégainé le premier, mais j’ai été plus rapide. Je suis resté un instant sans bouger, qui m’a semblé une heure. Juste avant de mordre la poussière, il m’a regardé droit dans les yeux. Il semblait chercher à se saisir de mon âme, en vain. Mon chronomètre a posé le genou à terre et m’a lancé dans un dernier soubresaut :  « tu viens de tuer ton record personnel sur ce parcours !!! » Ce soir sur la grand place, j’ai abattu mon pire adversaire : moi-même, mais c’était une belle course.

grande place

au bout du bout

course pieds nusCe matin j’ai couru 10 km, après une nuit blanche, pieds nus alors que je suis à mon quatrième jour de jeûne hydrique. Pourquoi tant de haine me direz-vous ? C’est tout le contraire justement, je déteste me faire mal. Alors pour ne pas me faire mal, je teste mes limites. Pas en forçant, mais en me dépassant tout en étant bien attentif aux signaux de mon corps. Ce n’est pas une expérience que je recommande, ce n’est pas un mode de vie que je suis souhaite adopter pour toujours, c’est juste une exploration de mes possibilités, pour ne pas aller trop loin quand le moment sera venu.

Après une nuit blanche pourquoi ? Disons que certaines épreuves d’endurance se courent dans ces conditions, mais la vraie vérité c’est que j’ai travaillé toute la nuit sur le scénario de mon prochain film.

Pour le jeûne hydrique je m’expliquerais dans un prochain article, mais pour l’instant je n’en retire que des bénéfices.

E n ce qui concerne la course pieds nus, disons que j’ai eu envie d’essayer ce que fera un personnage de mon prochain film.  A force de l’imaginer courir à la sauvage, je me suis rappelé mon enfance dans le maquis. A l’époque je ne connaissais ni les termes « chaussures minimalistes » ni « fives fingers », mais je courais quand même pieds nus.

Et vous savez ce qui s’est passé ? Rien ! J’ai couru aussi vite que d’habitude (8,3 km/h comme mon dernier semi), à la même cadence, sans me blesser. Quelle conclusion en tirer ? Je ne sais pas encore, je vais y réfléchir après une bonne « nuit » de sommeil. Ce que je peux en dire pour l’instant, c’est que tant que les équipementiers continuerons à faire de belles chaussures il n’est pas question que je me passe de ce confort et encore moins de mes semelles sur mesure. Les sauts de cabris par-dessus les tessons de bouteilles, et les appuis sur les grosses caillasses ce n’est n’est plus pour moi. Je veux bien aller au bout du bout, mais je ne vous raconte pas le nettoyage et comme le répète inlassablement Murdoch : « J’ai passé l’âge de ces conneries ».

course pieds nus 2