nuit sourde

nuit sourde (Magà Ettori - Blog)La nuit s’est abîmée dans la blancheur du midi, étourdi sur mon lit, conscient je crois, encore un peu. Puis plus du tout. Un ronronnement au loin, un retors qui glisse. Mon acte de résistance s’achève péniblement dans la fin de cette nuit sourde à nos appels, cette nuit folle qui a fait une embardée sur la voie du bon sens. Pendant que la haine et le sang noircissent les pages de l’humanité, les réseaux sociaux s’organisent, dans le vacarme des craquement d’ongles sur les touches rebondissantes des claviers d’internautes. Nous vivons l’instant dans l’instant, tandis que d’autre sont heurtés dans leur chair, couchés à même le sol, touchés par des armes de guerre, déchiquetés, transpercés, apeurés, accrochés dans le vide, basculant dans l’horreur et la douleur. S’il n’est de pire sourd que celui qui ne veut entendre, il est clair que la nuit ne nous prête aucune attention.  Les professionnels de l’informations magnétisés par la tragédie côtoient les douilles, qui tutoient les forces de l’ordre, qui soutiennent le corps médical, qui soignent les blessés, qui supplient le destin de leur accorder une hypothétique clémence, qui écoute le son léthal du carillon qui tombe lourdement sur le pavé sourd. Combien de nos amis, de nos frères, de nos soeurs vivent l’agonie de la souricière ? Il faut  agir, prévenir, coordonner, tandis que bilan des victimes s’alourdit de seconde en seconde, jusqu’à dépasser les limites du compréhensible, jusqu’à dépasser les confins de l’absurde. Ce carnage n’existe pas, il ne peut pas exister, hors des jeux vidéos et des blockbusters hollywoodiens. Des armes automatiques qui claquent en projetant des éclairs, des armes de poing qui choquent en achevant des innocents, des larmes qui se mêlent au sang sous les injures d’un bourreau pubère, ou peu s’en faut, ça n’existe pas. Et pourtant, ces dix dernières années deux millions d’enfants ont marché tels des funambules sur le fil de l’existence, happés par des guerres infâmes, qui leur a confisqué  l’innocence, l’espoir et la vie. Ils ont été des cibles civiles ou des soldats enragés, drogués, arraché aux leurs, et privé d’un bien-être dont ils n’ont jamais fait que rêver. Ils finissent aujourd’hui bardés d’explosifs aux portes du désespoir, ils finissent aujourd’hui lardés par des grenades au coeur d’une Cité qui ploie, sous la rage des enfants des guerres. La torpeur s’installe et je lutte contre l’étourdissement de cette nuit sourde, qui se drape de blanc. Me voilà engagé dans une campagne de soutien aux victimes, sur les pas des secouristes, sous les yeux incrédules des passants pris en otages, qui rejoignent des hôpitaux asphyxiés. Les taxis dressent vers le pont neuf une passerelle vers la survie, un voilier ondule sur la Seine, les portes des justes s’ouvrent, la résistance, la résistance des heures noires. Les heures s’épuisent sous les ailes des aigles, et le temps retient son souffle pour un dernier assaut. Ensuite c’est le silence, le silence, le silence, découpé par les sonneries des portables. Les hélicoptères dispersent les restes de la bataille. Les minutes s’étirent jusqu’à devenir des heures, longues, indigestes, molles et collantes. Bien qu’il fasse encore chaud du souffle des maudits, la ville frissonne enveloppée par l’aube humide, froissée par les sirènes. Les autorités nous contactent, pour cette hymne à la vie que nous organisions quelques heures plus tard, confirmant – s’il était nécessaire – que les clefs du bonheur, de l’initiative, du partage, de la fraternité quand la parole circule, avaient été volées pendant cette nuit de terreur. Il faut encore que je puisse prévenir nos amis, nos frères et nos soeurs : il ne saurait être question d’entreprendre pour un monde meilleur, mais seulement de survivre jusqu’à midi, jusqu’à la blancheur d’un jour nouveau, pour qu’enfin, étourdi sur mon lit, je me souvienne du spectacle que j’ai fait donné jadis au Bataclan sur la scène duquel mes filles ont fait leurs premiers pas de danse, et que je puisse entendre au loin, le ronronnement d’un retors qui glisse dans la nuit sourde.

Magà Ettori, Paris 14/11/201

Islamophobie

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De nombreux messages teintés d’intolérance et de haine fleurissent comme des plantes toxiques  depuis les attentats terroristes d’hier soir. Certains pensent que la barbarie ignoble que nous venons de vivre est imputable à une race, à une culture, une ethnie, ou à une religion en particulier. Il me semble que la folie soit équitablement répartie entre chaque être humain. L’heure est au secours et au soutien, pas à l’accusation.

Magà Ettori – 13/11/2015

Etat d’urgence : la projection de Faeryland reportée suite aux attentats terroristes de Paris

Etat d'urgence la projection de Faeryland reportée suite aux attentats terroristes de Paris (Magà Ettori - Blog)Nous recevons depuis le début des attentats de Paris un nombre important d’appels, texto et emails concernant notre rencontre de demain et la projection de FAERYLAND dans le cadre de la COP21 (https://iccneocinetv.wordpress.com/2015/11/13/entreprendre-pour-un-monde-meilleur/https://www.facebook.com/events/464715860367311/). Bien entendu notre rencontre de demain est reporté. Il n’y a plus de manifestation publique dans tous Paris jusqu’à nouvel ordre. Le chef de l’Etat a annoncé l’état d’urgence sur tout le territoire et la fermeture des frontières. Il a demandé des renforts militaires dans l’agglomération parisienne. Au total, plus de 140 morts seraient à déplorer, après le carnage du Bataclan.

A l’heure qu’il est l’essentiel va aux secours : le numéro d’appel d’urgence est le 197

Les lignes de métro 3, 5, 8, 9, 11 sont coupées mais les taxis sont gratuits

Le numéro mis en place par la Préfecture de police pour ceux qui souhaiteraient avoir des informations est le  0800 40 60 05

Il est aussi possible de signaler que tout va bien sur Facebook Comme pour les séismes, Facebook a mis en place une page destinée à signaler à vos amis que vous allez bien si vous êtes parisien.

L’état d’urgence signifie : interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et aux heures fixés par arrêté  mais aussi instituer, par arrêté, des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé  d’interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics ; Le ministre de l’intérieur, pour l’ensemble du territoire, et le préfet, dans le département, peuvent  ordonner la fermeture provisoire des salles de spectacles, débits de boissons et lieux de réunion de toute nature ;  interdire à titre général ou particulier les réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre. Le décret déclarant ou la loi prorogeant l’état d’urgence peuvent : conférer aux autorités administratives le pouvoir d’ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit ; habiliter les mêmes autorités à prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections cinématographiques et des représentations théâtrales.

Les différentes attaques ont fait plus de 120 morts dont 70 pour la seule prise d’otages du Bataclan. Nous avons immédiatement une  pensée fraternelle pour toutes les victimes, pour leur famille et leurs proches.

Allain Bougrain-Dubourg, des journalistes et des militants LPO violentés

Allain Bougrain-Dubourg (Magà Ettori - blog)C’est aujourd’hui que nous décernons le prix du « chasseur le plus ridicule de l’année », et pourtant la concurrence est dure. Digne de  »Silex and the City », notre tartarin est sorti de chez lui en slip kangourou (qui a dit qu’il n’aimait pas les animaux ?) et armé d’une pelle. Ses acolytes légèrement plus vêtus n’en étaient pas moins ridicules. Ce serait très drôle si ça n’avait pas été si grave et dangereux. Leur cible du jour était des journalistes et des membres de la Ligue de protection des Oiseaux (LPO, dont le siège est à Rochefort) qui menaient une opération à Audon (Landes), contre le braconnage des pinsons, une espèce protégée. Des journalistes qui accompagnaient les militants de la LPO, dont son président Allain Bougrain-Dubourg, ont également été la cible d’insultes et de violences. Une demi-douzaine de militants de la LPO qui entendaient dénoncer « le braconnage des pinsons » dans les Landes, suivis par autant de journalistes, avaient pénétré dans un champ de maïs à Audon – à 30 kilomètres au sud-ouest de Mont-de-Marsan – où ils avaient repéré plusieurs dizaines de pièges à alouettes, appelés matoles dans le Sud-Ouest. Alors qu’ils commençaient à détruire ces pièges, un riverain est sorti de chez lui armé d’une pelle, insultant militants et journalistes et frappant certains d’entre eux à l’aide de son outil. Un second riverain est également sorti en brandissant un outil agricole pour menacer écologistes et journalistes, tentant à son tour d’arracher appareils photos et caméras. Les pneus des véhicules de certains écologistes et journalistes ont aussi été crevés. Heureusement que les forces de l’ordre sont intervenues, sinon nous aurions pu retrouver les journalistes et les militants dans les matoles. Nous avons eu au téléphone, l’équipe des militants dans l’après-midi alors qu’ils étaient au commissariat, ce qui est tout de même la moindre des choses.  Une pelle pour mémoire est une arme par destination, mais pas grand chose en effet quand on sait que ces mêmes « génies » se promènent avec des armes à feu tous les week-ends. Même pas peur !

Allain Bougrain-Dubourg 2 (Magà Ettori - blog)

Faeryland, la nation mosaïque

Yves Duteil dans Faeryland (photo Jacques Viallon)
Yves Duteil dans Faeryland (photo Jacques Viallon)

William (Yves Duteil), le narrateur dans le film FAERYLAND, évoque une  »nation mosaïque »  :   »Dana restait très maternelle. Elle aimait particulièrement cette diversité qui composait sa tribu. Une nation mosaïque où chacun pouvait rivaliser de beauté et de panache.  Une nation mosaïque, l’espoir de Dana. Tous pareils et tous différents (extrait Faeryland) ». C’est à ce passage du film que je pensais aujourd’hui alors que nous élaborions deux nouveaux partenariats, le premier avec la très renommée pâtisserie  parisienne  »Vegan Folie’s », la seconde avec  »Parisobiotiful » le premier guide et annuaire du bio dans la capitale. Ces partenariats viennent s’ajouter à une liste déjà fabuleuse de personnes anonymes ou célébrités, militants ou sympathisants, artistes, journalistes, techniciens du 7eme art, riches et pauvres, jeunes et vieux, hommes et femmes (et même les animaux), politiques, médias, entreprises, fondations, Institutions qui viennent nous soutenir dans notre engagement autour de FAERYLAND. Il est impossible de faire la somme de toutes ces énergies, de toute cette communauté plurielle et passionnée. Il n’est pas une étape de notre activité, qui n’ai été portée par le souffle du groupe.  Oui FAERYLAND est une oeuvre engagée, qui a trouvé des soutiens sur les cinq continents, oui FAERYLAND est une oeuvre positive et bienveillante qui croit en la cause humaine, oui FAERYLAND est une oeuvre optimiste mais réaliste qui défend la cause animale, oui FAERYLAND est une oeuvre qui défend le cinéma indépendant, la liberté de création et la liberté d’expression,  oui FAERYLAND est une oeuvre qui défend l’amour et la générosité, oui FAERYLAND est une oeuvre qui défend la magie, le merveilleux, le fantastique, oui FAERYLAND est une oeuvre qui défend la nation mosaïque qui est composée du vivant et de l’ensemble de la biodiversité, car il n’existe pas d’alternative heureuse hors la nation mosaïque.

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