Instauration de la co-officialité de la langue corse et du français

Résultat de recherche d'images pour "o ma parlami corsu"L’instauration de la co-officialité de la langue corse et du français, c’est fait. Au terme de deux jours de débats et sous les applaudissements d’une Assemblée de Corse debout s’est terminé le débat sur le nouveau statut de la langue corse. Les propositions pour un statut de co-officialité et la revitalisation de la langue corse présentées par le Conseil exécutif de la Collectivité territoriale ont été approuvées par 36 des 51 voix de l’assemblée. Onze Conseillers Territoriaux, de droite comme de gauche, n’ont pas participé au vote et quatre se sont abstenus. Alors que 112 amendements avaient été présentés pour modifier le texte original, celui-ci a finalement été adopté à peu près dans son état initial, à l’usure. Ce dispositif prévoit l’utilisation de la langue corse dans tous les domaines de la vie publique, économique et sociale (éducation, services publics, médias). Visant à protéger, encourager et normaliser l’usage du corse dans tous les domaines et garantir l’emploi officiel du français et du corse à parité, il prévoit aussi un vaste plan de formation, notamment des personnels de la fonction publique.

corse matin langue corseCréée en 1990, l’Association pour la Sauvegarde et l’Expansion de la Langue Française (Asselaf) composée de Prix Nobel, membres de l’Académie Française et des Instituts et d’autres personnalités), s’est fixé pour but de promouvoir toutes les réflexions et actions permettant d’améliorer l’enseignement de la langue française, d’assurer l’expansion et le rayonnement de cette langue dans les pays francophones et dans le reste du monde. La très sérieuse Asselaf dresse un constat angoissant du sort politique fait à la langue française en France :  »Langue de la République » (art. II de la Constitution), le français est une condition du vivre ensemble national et républicain, et, selon les sondages récents, il est pour 80 % de nos concitoyens un des principaux piliers de l’ » identité nationale ». Or, le français est aussi gravement menacé chez nous qu’au Québec, en Afrique francophone, en Wallonie ou en Suisse romande. Il l’est moins par l’air du temps, contre lequel il pourrait se défendre seul, que par une politique linguistique menée surtout par de grandes entreprises françaises avec l’appui de milieux politiques, certes européens et transatlantiques, mais d’abord hexagonaux. Après Michel Serres, observant qu’  »il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation », le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues. L’heure est donc venue pour l’Asselaf d’appeler tous les citoyens à la résistance linguistique. (SIC) »

L’instauration de la co-officialité de la langue corse et du français, c’est fait… mais pour combien de temps ? Quand les embrassades, les félicitations et les effets d’annonces auront fini de choquer l’hémicycle de la Collectivité Territoriale de Corse, il faudra que quelqu’un se rappelle que contrairement à l’engagement de campagne pour l’élection présidentielle du candidat François Hollande, la France a récemment refusé de ratifier la charte européenne des langues minoritaires, et que l’instauration de la co-officialité de la langue corse et du français a de forte chances d’être invalidée par le Conseil Constitutionnel.

1 réflexion sur « Instauration de la co-officialité de la langue corse et du français »

  1. « L’instauration de la co-officialité de la langue corse et du français, c’est fait. » ?
    Non, c’est proposé par l’Assemblée de Corse. Et ce sera refusé par le gouvernement et/ou le Parlement et/ou le Conseil constitutionnel, simplement parce que c’est contraire aux principes fondamentaux de la République (unité et égalité des citoyens devant la loi : voir les attendus du CC dans ses décisions sur la Corse, la Charte des langues minoritaires et le statut de la Polynésie) et qu’on voit mal l’abandon de ces principes pour faire plaisir à 36 élus territoriaux de Corse.
    Reste une solution : sortir de la République.
    C’est le seul sujet qui vaille une consultation des Corses.

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